‹ Condamnations arbitrairesChapitre 14 sur 53 · XVII. — Mgr Conrcy à Québec I · texte numérisé non relu

XVII. — Mgr Conrcy à Québec I

En arrivant à Québec, Mgr Conroy reçut les plaintes d'un avocat libéral, M. E. Flynn, professeur de l'Université Laval, contre Monseigneur l'évêque de Rimouski. Cet avocat voulait se porter candidat à une élection, qui devait avoir lieu dans le diocèse de Rimouski, et c'était pour empêcher les curés de ce diocèse d'élever la voix contre le libéralisme qu'il se plaignait au Délégué apostolique.

Ce dernier a de suite donné gain de cause à M. Flynn, si bien que Mgr Langevin a dû écrire une circulaire à tous ses prêtres pour leur recommander de ne pas élever la voix à l'occasion de la lutte électorale qui allait avoir lieu. Et M. Flynn de son côté, répétait partout, et il faisait publier dans les journaux, que Mgr Conroy avait approuvé ses doctrines et que ce sage Délégué avait mis à l'ordre l'évêque et le clergé de Rimouski.

Mgr Conroy a eu la parfaite connaissance de ces choses, et il n'a pas fait l'ombre d'une protestation ou d'un désaveu; si bien que son nom depuis lors a grandement servi à autoriser les doctrines libérales.

Du commencement de juin à la mi-juillet, Mgr Conroy s'est promené et amusé dans le pays. Dans une promenade sur l'eau, au Saut-au-Recollet, près Montréal il a failli se noyer par imprudence. C'est à cette occasion que Mgr Bourget lui a dit qu'il n'était jamais prudent de s'aventurer sur un terrain avant de le bien connaître 2.

Vers la mi-juillet, il est venu se fixer à Québec où il a séjourné jusqu'à la fin d'août. Pendant ce laps de temps, il n'a fait aucun effort pour prendre des renseignements auprès

1. Nous donnerons également dans la suite de nos Voix Canadiennes, d'amples détails et documents sur l'action déplorable et les insuccès de Mgr Conroy au Canada.

2. Le pauvre Délégué en voie de perdition était sur eau : douce ironie!

du clergé et des laïques instruits. Tous ceux, parmi les ultramontains qui l'ont vu, n'ont été admis à lui parler que parce qu'ils s'étaient présentés d'eux-mêmes. Quelques-uns d'entre eux ne se sont fait entendre qu'en usant d'une certaine violence. Il ne voulait accepter aucune raison en faveur de la cause catholique. Son zèle et son éloquence, il les employait à disculper les libéraux et à prêcher leurs doctrines.

A la fin, Mgr Conroy, s'apercevant que les ultramontains sont fort nombreux, au Canada, et qu'il fallait paraître au moins leur donner une ombre de satisfaction, a réuni les évêques de la province de Québec à Saint-Hyacinthe, vers le milieu d'août. Là, il a entendu les griefs des suffragants contre Mgr l'archevêque Taschereau et contre l'Université L'aval, puis il a laissé espérer qu'il remédierait à certains maux. C'était supercherie de sa part. Il voulait tromper les suffragants et les amener à agir plus tard selon ses vues.

Il avait dit, et tout le monde comptait que le professeur L'angelier, qui avait donné un si grand scandale à Charlevoix, par ses doctrines impies et par sa persécution contre le clergé, serait renvoyé de l'Université Laval, de même que les professeurs Casault et Flynn, qui à Bonaventure, avaient marché sur les traces de M. Langelier à Charlevoix. On espérait au moins que, si ces professeurs gardaient leur chaires à l'Université Laval, ils feraient une réparation publique.

Rien de tout cela n'a eu lieu. L'es professeurs incriminés de l'Université Laval n'ont pas fait de rétractation publique ; loin do là, ils gardent leurs chaires, et, aujourd'hui encore, à propos d'élection, ils courent les campagnes où ils prêchent les plus funestes doctrines, en s'appuyant sur l'autorité de Mgr Conroy.

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