XVIII. — Mgr Conroy à Montréal
Arrivé à Montréal, à la fin d'août, Mgr Conroy fit là ce qu'il avait fait à Québec, c'est-à-dire qu'il n'écouta les dé-
fenseurs de la cause catholique que pour essayer de les réfuter et de les convertir au libéralisme.
Il prétendit d'abord, pour leur donner à croire qu'ils demandaient trop, que nous sommes au Canada comme les Irlandais par rapport à l'Angleterre. Or rien de plus faux. Une telle assertion, communiquée à nos principaux hommes, qui s'occupent de politique, les jeta dans le plus profond étonnement. Ils en conclurent que Mgr Conroy ne connaissait pas le premier mot même de la situation politique du Canada, quoiqu'il y eût déjà passé plusieurs mois, ou qu'il voulait en imposer au public.
Et, en effet, il n'y a aucune parité entre la condition du Canada et celle de l'Irlande. L'Angleterre traite ces deux pays d'une manière absolument différente. L'Irlande envoie bien, il est vrai, des députés au Parlement britannique, mais elle ne se gouverne pas elle-même, comme le Canada. Au Canada, et cette remarque est de la plus haute importance, nous nous gouvernons véritablement nous-mêmes. Noua sommes sujets anglais; mais l'Angleterre n'intervient dans nos affaires que pour nous protéger et pas pour autre chose. La province de Québec, comme nous l'avons déjà fait voir, a pour elle seule un système particulier de gouvernement, parce qu'elle a ses usages et sa religion à part, et qu'elle tient à les conserver. Au Canada, en un mot, nous pouvons être, surtout dans la province de Québec, comme on était au moyen-âge. S'il n'en est pas ainsi, ce n'est pas la faute de l'Angleterre, ni de la majorité des protestants qui vivent avec nous,- mais c'est notre propre faute. Ce sont nos libéraux, et nos libéraux que les protestants eux-mêmes redoutent et combattent, qui mettent en danger toutes nos libertés, et, surtout nos libertés religieuses.
Mgr Conroy a prétendu, et cela à maintes reprises, qu'on pouvait voter pour un catholique libéral reconnu pour tel, et même pour un impie fieffé, dont lui-même, tout le premier, mentionnait le nom. Cet homme, cependant, M. Ro-
dolphe Laflamme, ne désirait être député que pour assurer le triomphe des mauvaises doctrines. Qu'importe; Mgr Conroy voulait absolument qu'il fût permis de voter pour lui1.
Il a même soutenu que les prêtres, qui disent en chaire, d'une manière générale, que c'est un péché grave de voter avec connaissance de cause pour de tels hommes, sont dans une erreur manifeste; qu'ils parlent et qu'ils agissent contrairement à la théologie catholique, et qu'ils se rendent coupables d'un abus intolérable. « Et cet abus, a-t-il écrit à quel- » qu'un, je suis venu le faire disparaître. »
Mgr Conroy ne voulait pas du tout, non plus, que nous disions que nos libéraux sont condamnés. « Qui les a con- » damnés ? » a-t-il demandé à quelqu'un avec humeur. — « Le Pape », a répondu celui-ci. « Il est vrai, ajouta-t-il, que le » Pape n'a pas condamné les libéraux canadiens en particu- » lier et nommément; mais comme il a condamné les libé- » raux en .général, et que nos libéraux comptent évidem- » ment parmi ceux dont Pie IX a tracé le portrait, il s'en suit » qu'ils sont condamnés comme tous les autres. La partie suit » le tout. »
XIX. — Mgr Conroy objecte que les libéraux n'ont pas de programme hostile à l'Eglise
Mgr Conroy a de plus objecté que notre gouvernement fédéral, dans le temps, n'avait pas de programme hostile à l'Eglise, et que même ce programme n'avait trait en rien à la religion.
Mgr le Délégué change ici de terrain et de question. On ne lui a jamais parlé du gouvernement fédéral, considéré
1. Est-ce donc Léon XIII qui se serait trompé en nous disant dans son Encyclique Sapientiœ Christianœ, du 10 janvier 1890 : « Et comme le sort des Etats dépend principalement des dispositions de ceux qui sont à la tète du gouvernement, l'Eglise ne saurait accorder son patronage ni sa faveur aux hommes qu'elle sait lui être hostiles, qui refusent ouvertemont de respecter ses droits... »?
comme tel, mais de quelques individus qui en faisaient partie. On lui a parlé des seuls libéraux canadiens-français de la province de Québec, qui prenaient tous les moyens possibles et se servaient de toutes les ruses pour ruiner l'autorité de l'Eglise parmi nous, et pour faire prévaloir une politique athée.
Le gouvernement fédéral d'alors était composé de libéraux, et c'étaient nos seuls libéraux de la province de Québec qui lui donnaient vie et force, et qui lui suggéraient les plus mauvaises mesures. Ce gouvernement, il est vrai, n'a pas publié de programme hostile à la religion; mais tout son programme n'était pas contenu, tant s'en faut, dans ce qu'il a d'abord rendu public.
Le vrai programme de ce gouvernement, il faut le chercher dans les idées que ses membres ont caressées toute leur vie et qu'ils ont défendues dans la presse. Or, tous les canadiens-français, qui ont fait partie de ce gouvernement, avaient des principes tout à fait opposés aux principes catholiques, et ils n'avaient travaillé à devenir ministres que pour faire triompher l'impiété et lui donner corps dans les faits et la législation.
Ce gouvernement a de plus agi en plusieurs circonstances tout comme s'il avait eu un programme hostile à l'Eglise.
Au Nouveau-jBrunswick, il a maintenu, malgré les plus justes réclamations, une loi des écoles qui n'est que la persécution organisée contre les catholiques. A Manitoba, province que nos missionnaires ont tirée de la barbarie et dont les premiers colons ont été de fervents catholiques, il a bafoué la justice en haine de l'Eglise. Chaque année, il a envoyé là, en les encourageant par ses largesses, non pas des canadiens catholiques, que la misère force d'émigrer chez les protestants des Etats-Unis, mais des centaines de familles russes et schismatiques. Tout cela, il l'a fait pour ruiner dans cette province l'influence que pourraient avoir les catholiques.
Afin d'assurer le règne du libéralisme dans la province de Québec, il lui a donné un lieutenant gouverneur très libéral, qui s'est entouré de ministres semblables à lui. Il a enfin choisi tous les juges, qu'il avait à nommer, dans le camp libéral, et ces juges sont des hommes imbus de funestes principes. Quelques-uns n'ont usé de leur autorité que pour fouler la justice aux pieds, et que pour donner gain de cause à toutes les mauvaises passions déchaînées contre l'Eglise.
Voilà ce qu'a fait le gouvernement fédéral que Mgr Conroy a loué et applaudi, et ce qu'il a fait, il ne l'eût jamais fait, répéterons-nous encore, s'il n'avait pas eu l'appui de nos libéraux canadiens, et même s'il n'eût pas été poussé par eux.
Mgr Conroy avait le défaut d'être vain, et ce défaut, saisi de suite par les libéraux, a été cause de son malheur. Ils lui ont tendu des pièges en conséquence. Ils l'ont complimenté, flatté, loué et accablé de politesses. En même temps, ils lui faisaient, mais d'une manière vague, mille et mille protestations d'orthodoxie. Il a gobé tout cela. Il s'imagina que tout irait pour le mieux parmi nous, si l'on mettait de côté les exagérations de certains catholiques, évêques, prêtres et laïques, et que nos libéraux étaient les. hommes les mieux intentionnés du monde.
Mgr Conroy a encore fait cette objection : « Pourquoi êtes- » vous si exigeants et pourquoi criez vous si fort à cause de » quelques lois défectueuses que renferme votre Code civil? » Ces taches ne l'empêchent pas d'être le code de beaucoup » le plus catholique de tous ceux qui existent aujourd'hui. » Loin de vous plaindre, vous devriez, au contraire, vous » féliciter de jouir de tant de précieuses libertés qu'on vous » laisse. »
A cela, nous avons répondu que nous étions loin de méconnaître les avantages qu'il préconisait. Mais, comme une mauvaise loi est toujours un mal, et un mal qui en tntraîne
plusieurs autres après lui, nous lui avons ensuite fait remarquer que, quand même notre Code Civil, comparé à ceux qui sont en vigueur dans les autres pays, serait excellent, il ne s'en suivrait point que nous dussions nous tenir tranquilles et ne pas travailler à faire disparaître tout ce qui le dépare, vu que nos efforts peuvent encore aujourd'hui être couronnés de succès.
Ensuite, quand même aussi nous devrions prendre à la lettre ce compliment que notre peuple est le plus catholique de tous, s'en suit-il que nous ne devions pas faire bonne garde? S'il y a un moment où il faut repousser l'erreur et le mal de toutes ses forces, c'est alors qu'ils veulent à tout prix pénétrer là où ils n'ont pas encore pénétré. Plus nous sommes bons, plus nous devons travailler à éloigner de nous ce qui est de nature à nous corrompre : et plus nous avons de libertés religieuses, plus nous devons craindre ce qui dans l'avenir, pourrait servir de prétexte ou d'appui à ceux qui seraient tentés de nous ravir ces précieuses libertés.
Mgr Conroy a ajouté que M. McKenzie, premier ministre du gouvernement fédéral, en 1877, et que supportaient nos libéraux, valait autant que Sir John McDonald, chef de l'opposition, que les ultramontains appuyaient, puisque tous deux étaient protestants. Il a prétendu en conséquence que le parti libéral, ayant M. McKenzie pour chef, était tout aussi bon que le parti conservateur qui avait à sa tête M. McDonald.
Cette objection tend à dénaturer entièrement la vérité en ce qui concerne notre situation. Les chefs libéraux, en effet, ne sont pas dans la province d'Ontario, mais bien dans la province de Québec. Ce sont des hommes de notre race. Ils se disent catholiques, et, sous le masque dont ils s'affublent, ils travaillent avec activité à détruire la religion pour lui substituer le règne de la raison.
Les alliances de nos hommes politiques de la province de Québec avec ceux de la province d'Ontario, au parlement fédéral, ont cependant toujours eu une grande signification.
Admettons, comme dit Mgr Conroy, que MM. McKenzie et McDonald se valent personnellement ; comme hommes politiques, ils diffèrent beaucoup entre eux, et voici qui le prouve.
Chaque fois que Sir John McDonald a été à la tête du gouvernement, il a appelé comme ministres, pour le seconder, les hommes de la province de Québec les plus sincèrement catholiques et les plus dévoués à l'Eglise. Autant que la chose a été en son pouvoir, il a rendu justice aux catholiques dans la plupart des questions où ils étaient intéressés.
Il n'en a pas été ainsi de M. McKenzie. Les hommes, qu'il a choisis parmi nous, pour être ses collègues, n'ont généralement été que des ennemis acharnés des libertés de l'Eglise, des hommes professant le libéralisme impie. Dans les chapitres précédents, nous avons vu comment ils ont agi. Si Mgr Conroy n'a pas saisi cette différence, c'est qu'il était trop préjugé en faveur de nos libéraux.
XX. — Mgr Conroy blâme les ultramontains d'avoir fait la lutte
— // les regarde comme la cause de tout le mal, et même
du libéralisme catholique
Toujours enclin à parler et à agir d'après ce préjugé, Mgr Conroy a soutenu que nous avions grand tort de guerroyer contre les catholiques libéraux, nos frères; que nous devrions bien plutôt dépenser notre ardeur et nos forces à combattre les protestants.
Cette objection n'est au fond qu'un véritable enfantillage. Dans la province de Québec, les protestants sont peu nom breux et ne songent pas le moins du monde à nous réduire en servitude1. De plus, on se défie d'eux; et leurs discours de même que leurs écrits, vu la défiance qu'ils inspirent, ne produisent que peu ou point d'effet.
1. La Province de Québec (ancien Bas-Canada, berceau de la colonie française fondée par Champlain en 1608), renfermait en 1901 une population totale de 1.648.000, dont 1.429.260 catholiques.
Il n'en est pas de même des catholiques libéraux, qui parlent et dogmatisent d'après l'inspiration de certains prêtres, surtout de prêtres professeurs à l'Université Laval et au Séminaire de Québec, de prêtres qui sont les intimes et les conseillers de Mgr Taschereau. Ces prêtres et ceux qu'ils inspirent ont nécessairement beaucoup d'influence. S'il était possible de les empêcher de professer des idées funestes et subversives, les luttes entre frères n'existeraient pas; mais si cela n'est pas possible, il faut bien que ces luttes, quelque pénibles qu'elles soient, existent.
Un prêtre, qui a des idées dangereuses, qui remplit un poste de confiance et qui travaille avec obstination à répandre ses idées dans le public, doit être combattu, car il produit un scandale propre à séduire bien des âmes.
Si les luttes entre frères, et surtout entre prêtres, sont déplorables, il faut accuser ceux-là seuls qui se font partisans de la mauvaise cause, et non pas ceux qui sont. attachés à la vérité et qui combattent en sa faveur. L'histoire de l'Eglise met ce fait en relief que toutes les erreurs et toutes les hérésies ont eu pour principaux défenseurs des prêtres, et même des évêques et des patriarches. Où en auraient été l'Eglise et la vérité, s'il eût fallu s'abstenir de lutter parce qu'on allait avoir à combattre des frères, des prêtres, des évêques et des patriarches? Et lors du Concile du Vatican, cette lutte contre des frères, quoique proclamée infiniment déplorable par les libéraux, n'a-t-elle pas eu lieu pour le plus grand bien, pour le triomphe de l'Eglise et de la vérité? Mgr Conroy n'aurait pas dû oublier ces choses^
Il a prétendu, en outre, que les luttes entre prêtres tendent à ruiner l'influence du clergé et le respect dont on l'a jusqu'ici entouré.
Cela est vrai dans une certaine mesure. L'influence du clergé, à cause de ces luttes, pourra peut-être être amoindrie pendant quelque temps; mais, après un moment de défaillance, elle renaîtra plus forte que jamais, Le résultat défi-
nitif sera que ceux qui n'avaient aucun droit à quelque influence, l'auront, par un grand bonheur, perdue pour toujours, et que ceux qui étaient dignes de jouir d'une grande autorité morale, en jouiront alors dans sa plénitude.
En tout cela d'ailleurs, il n'y a, en définitive, qu'une seule influence à considérer : l'influence de la vérité. Les hommes ne sont rien, et ils passent sans être nécessaires; mais la vérité est tout, et le monde en a un besoin continuel et absolu. Elle ne passera pas et nous devons tout sacrifier pour empêcher qu'on en détruise un seul iota.
A bout d'arguments, Mgr Conroy nous a dit que les discussions, que nous avions soutenues au Canada, avaient été la cause de l'apparition parmi nous du libéralisme catholique.
Si cet argument vaut ici, il faut donc admettre que toutes les hérésies ont eu lieu parce qu'on a mis en relief les vérités qu'elles contredisaient. Les discussions que nous avons soutenues ont eu pour principe le désir d'empêcher telle et telle vérité de périr pour nous. S'il en est qui, au sortir de ces discussions, ont rejeté en tout ou en partie les vérités qu'ils devaient professer, on doit attribuer la cause de ce mal à leur orgueil et à leur malice, et non pas aux discussions ellesmêmes.
Que nos discussions aient forcé les libéraux et autres de se dévoiler, de se montrer tels qu'ils sont, nous l'admettons volontiers; mais qu'elles aient été la cause de leur erreur, c'est ce que nous nions absolument.
XXI. — Mgr Conroy blâme Mgr Bourget. — // blâme aussi les écrivains catholiques et veut les empêcher d'écrire
Comme s'il eût tenu à arrêter l'essor de tout bien déjà produit au milieu de nous, Mgr Conroy a blâmé la direction que Mgr Bourget avait donnée à son clergé, lorsqu'il gouvernait le diocèse de Montréal, relativement aux erreurs politi-
co-religieuses à combattre. Or, s'il eût pris la peine d'examiner les mandements et les circulaires de Mgr Bourget, au lieu 'd'en croire certains, rapports incomplets et inexacts, il aurait pu se convaincre que le vénérable Prélat n'avait fait qu'exposer les enseignements du Saint-Siège, et que mettre son troupeau en garde contre les funestes erreurs signalées par Pie IX. Mgr Conroy a procédé alors avec une grande légèreté, parce qu'il était enclin à donner tous les torts aux défenseurs de la justice et de la vérité, et à exonérer de tout blâme les hypocrites ennemis de l'Eglise.
Quant aux écrivains catholiques, que Pie IX a partout si fortement encouragés, Mgr Conroy n'a eu pour eux que des paroles très sévères. De concert avec leurs adversaires, les libéraux, il les a accusés d'être l'une des principales causes de tous nos maux, et, finalement, il a conseillé, au moins à certains d'entre eux, de cesser d'écrire.
Pie IX a dit en parlant des catholiques libéraux, que € s'ils croient que les ennemis de l'Eglise, fatigués par une longue et stérile lutte, désirent tin compromis, alors ils se lèvent aiguillonnés par la prudence de la chair, s'en prennent aux combattants catholiques, accusent leurs efforts d' imprudence et leur imposent silence, afin qu'il n'y ait pas d'obstacles à la fausse paix, qu'ils recherchent ardemment. »
Or, par sa manière d'apprécier et de traiter les écrivains catholiques dans la province de Québec, Mgr Conroy s'est vraiment révélé à nous comme l'appui et le partisan des catholiques libéraux, comme catholique libéral lui-même. Il est allé jusque-là que de conseiller fortement à certains prêtres de ne point écrire pour combattre les erreurs du temps, le libéralisme en particulier. Il leur a recommandé de s'occuper plutôt à bien faire le catéchisme aux petits enfants, et à avoir bien soin des vieux et des vieilles.
Mais qui empêche qu'en remplissant ces devoirs, les prêtres remplissent encore celui de défendre la vérité et de combattre l'erreur par de solides écrits? Mgr Conroy n'eût
peut-être pas tenu ce langage et cette conduite, s'il eût connu les paroles que Pie IX adressait, le 14 août 1876, au Congrès des catholiques allemands de Munich. « Empressez-vous, leur » disait-il, de bien faire comprendre une bonne fois aux ca- » tholiques libéraux quel grand dommage ils causent à l'Egli- » se, quelle faute ils commettent contre la religion, contre » la patrie et contre leur propre salut, afin qu'ils recon- » naissent la vérité et reviennent de leurs mauvaises voies. » Si vous obtenez quelque succès dans cette entreprise ex- » trêmement difficile, ce succès aura plus d'importance que » tout ce que vous obtiendrez par vos autres travaux, quel- » que nécessaires et utiles qu'ils puissent être. »
Il faut avouer que nous avions lieu d'être plus que surpris, en entendant un Délégué apostolique contredire aussi carrément les enseignements de Pie IX.