XXIX. — Notre presse
Notre presse est des plus détestables. Et il ne peut en être autrement. Depuis dix ans que Mgr Taschereau est archevêque de Québec, il a semblé n'avoir qu'un but : tuer tous ceux qui réclameraient en faveur de la religion, de son enseignement et de ses droits.
Aussi, lasses de combattre contre l'autorité ecclésiastique, qui s'affirmait comme existant seule, parce qu'elle venait de Québec, nos publications religieuses se sont tues, et les plus mauvaises publications ont été maîtresses du terrain. Dire tout ce que ces publications donnent en pâture au public est chose quasi impossible. L'autorité religieuse de Québec, le voit et elle 'se tait. Elle n'élève la voix que contre ceux qui défendent les bonnes doctrines et les bonnes mœurs, pour les condamner comme coupables d'exagérations qui conduisent à la perdition des âmes.
Nous avons, au Canada, des journaux, qui reproduisent, en les commentant, tout ce que disent les journaux de France et d'Italie à propos du Pape et du gouvernement de Sa Sainteté. Ils louent en même temps tout ce que fait le gouvernement italien. Notre autorité religieuse, c'est-à-dire Mgr Taschereau, ne trouve jamais à redire à cela; ce qu'il juge digne de blâme, ce ne sont que nos seules mesures catholiques. Il
laisse faire comme ils l'entendent tous nos journaux impies, et il n'a de reproche à adresser qu'à nos journaux religieux qu'il s'efforce de tuer par ce moyen.
Que de lamentations sourdes à ce sujet! Tout ce qui est vraiment catholique n'a pas la liberté de se produire, et d'un autre côté, tout ce qui vient de l'impiété voit impunément le jour.
CONXLUSION
La conclusion à tirer de tout ce qui précède, c'est que le Saint-Siège doit intervenir lui-même dans le règlement de nos affaires, et vu les erreurs, qui régnent ici, condamner toutes ces erreurs. Les partis n'y font rien; que l'erreur soit condamnée là où elle est, et ce sera le salut de notre société.
Malheureusement, c'est ce qu'on n'a pu obtenir jusqu'ici.
Que toutes les erreurs libérales, signalées par Pie IX, soient condamnées pour le Canada;
Que les principes de la réforme chrétienne de l'enseignement soient affirmés;
Que l'autorité religieuse soit aussi affirmée et hautement, surtout à propos de la visite de ces écoles et des livres à mettre aux mains des élèves;
Que l'autorité civile soit dite inférieure à l'autorité ecclè siastique, et. que les biens des Jésuites soient restitués à leurs légitimes propriétaires;
Que Montréal, enfin, ait son Université, afin qu'elle puisse l'organiser catholiquement.