‹ Condamnations arbitrairesChapitre 27 sur 53 · Voir l'Histoire du Séminaire de Nicolet · texte numérisé non relu

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instants, des consolations multiples et de précieux concours, tant pour alléger ses charges si lourdes que pour continuer ses entreprises, assurer le lendemain à ses œuvres charitables. Telle fut l'unanime satisfaction que, d'une commune voix, clergé et fidèles demandaient aux hommes et à Dieu de donner ce digne sénateur comme successeur à son maître, non moins admirable et qui se disait si parfaitement heureux de l'avoir distingué pour l'associer aux labeurs de son haut ministère.

Mgr Cooke ne se contenta point de former de platoniques vœux, il s'efforça d'assurer la continuité de son apostolat en réglant l'affaire, à ses yeux urgente, de sa propre succession. Il sonda son métropolitain, consulta ses collègues clans l'épi scopat et fit parvenir à Rome sa supplique qui eut l'heur d'être favorablement accueillie.

Laissons le bon évêque dire lui-même, dans son mandement plein d'effusion, de foi et de reconnaissance, son réel contentement. Il l'écrivit en ces termes touchants au moyen desquels les hommes de bien savent relever leurs dispositions testamentaires.

1er mars 1867.

Thomas COOKE.

Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint-Siège Apostolique, Evêque des Trois-Rivières, etc., etc., etc.

Au Clergé, aux Religieux et Religieuses et à tous les fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur Jésus-Christ

» Depuis quelque temps, N. T. C. F., nous sentons plus que jamais le poids des années et de la lassitude. Nos forces ne suffisent plus à porter seules le lourd fardeau de l'Episcopat. Nous avons jugé qu'il était opportun, dans votre intérêt et dans celui de la religion aussi bien que dans le nôtre en particulier, de demander au Père commun des fidèles de soulager notre vieillesse, en nous donnant un aide et un appui. Notre supolique, présentée au Saint-Siège par l'entremise de Nos Seigneurs les Evêques de la Province Ecclésiastique de Québec, a été couronnée de succès. Il a plu à Sa Sainteté, l'Illustre et bien-aimé Pontife, Pie IX, par

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des Bulles en date du 23 novembre 1866, de nommer notre très cher Fils en Jésus-Christ, M. Louis-François Laflèche, l'un de nos Vicaires-Généraux, Evêque d'Anthédon, in partibus infidelium, et notre Coadjuteur.

» Cette nomination, N. T. C. F., nous a été trois fois agréable, par les éminentes qualités du nouvel Elu, à cause des importants services qu'il nous a rendus, et enfin parce que, comme il l'est de nous, il est singulièrement aimé de tous.

» Les Lettres Pontificales dont nous venons de parler, arrivaient à notre Evêché le 15 de janvier dernier, et l'époque de la Consécration épiscopale fut fixée au 25 février dernier. Mais, dans l'intervalle, une maladie grave atteignit subitement le nouvel Elu, nous inspira même des craintes sérieuses et nous fit appréhender, pour le moins, que le jour de la grande cérémonie ne fût assez longtemps retardé.

» Heureusement il n'en a rien été, X. T. C. F. Le Dieu bon qui nous avait pour ainsi dire menacé de reprendre le don qu'il nous faisait, comme pour nous en faire mieux comprendre le prix, le rendit bientôt à nos vœux et à nos prières.

» C'est donc lundi dernier, 25 février, jour de la fête de saint Mathias, Apôtre, qu'eut lieu dans notre Cathédrale la consécration de Mgr Louis-François Laflèche, Evêque d'Anthédon, désormais notre Coadjuteur, faite par Sa Grandeur Mgr de Floa, Administrateur de l'Archidiocèse, assisté de Nos Seigneurs les Evêques de Toronto et de Saint-Hyacinthe, en notre présence et en présence de notre vénéré frère l'Evêque de Kingston, d'un très grand concours de prêtres et d'une immense foule de fidèles.

» Que ce jour a été beau pour nous, N. T. C. F., et pour tous ceux qui l'ont passé avec nous ! Que n'a-t-il été donné à chacun de vous d'en savourer les douceurs et d'en ressentir la vive allégresse! Quoique la plupart de nos Diocésains n'ait pu contempler le magnifique spectacle de la Consécration épiscopale, et voir se dérouler sous leurs yeux les imposantes cérémonies du culte catholique et les rites sacrés de notre Sainte Eglise dans toute leur majesté et leur éclat, néanmoins ce jour a été également précieux pour tous, puis«pie vous y avez tous reçu un Pasteur nouveau, un chef futur plein de lumières, de mérites et de vertus.

» Mais c'est à nous surtout, à nous qui portons depuis longtemps la grande responsabilité du salut de vos âmes, que se révèlent toute la beauté et le prix d'un pareil jour. Nous connaissons mieux que personne la grandeur du secours présent et des espérances futures que ce digne collaborateur nous apporte. Il travaillera vaillamment à nos côtés pendant le reste de notre carrière, afin de la rendre au milieu de vous, N. T. C. F., et plus longue et plus douce, et quand il plaira au Seigneur de nous appeler à lui, il demeurera avec voi\s, comblé de nos plus abondan-

tes bénédictions, comme autrefois Israël, afin de vous conduire tous heureusement dans la terre de l'éternelle patrie. Rien ne saurait être plus agréable à un père que l'assurance de laisser sa famille bien-aimée entre des mains sûres, affectionnées et généreuses. La satisfaction des enfants ajeute sensiblement encore au bonheur de ce père fortuné. C'est ce que nous éprouvons en ce moment, N. T. C. F. Nous avons vu, avec un vif plaisir, la joie universelle du clergé et des fidèles du Diocèse se manifester visiblement le jour de la Consécration de notre bien-aimé Ooadjuteur, et éclater partout depuis, sur son passage, dans les communautés et les paroisses qu'il a visitées. Il sera heureux et abondant en fruits, sans aucun doute, le pontificat commencé sous d'aussi beaux auspices.

» Mais pour qu'il en soit ainsi, il faut, N. T. C. F., que vouai n'oubliiez jamais, que vous preniez un grand soin de conserver toujours le respect et l'amour que vous lui portez en ce moment, ce dont nous avons assurément la ferme confiance. Aussi nous ne vous rappellerons pas les paroles si terribles que l'Eglise a prononcées sur la tête du nouveau Consacré quand elle a dit : Qui maledixerit ei, sit Me maledictus. Que celui qui le maudira, c'est-à-dire qui l'insu-ltera, le combattra, le persécutera, soit maudit lui-même. Non. Ces paroles sont pour les âmes dures et superbes; elles ne sont pas pour le peuple au cœur généreux qui reçoit si amoureusement ses Pasteurs. Nous vous redirons plutôt et bien volontiers ces autres paroles si consolantes que l'Eglise prononce ensuite, que nous vous appliquons, N. T. C. F., dans toute l'autorité de notre charge pastorale, avec toute l'affection d'un cœur de père, et dont nous vous recommandons de garder toujours le souvenir : Et qui benedixerit ei, sit Me benedictus. Et que celui qui le bénira, c'est-à-dire qui le respectera, qui l'honorera, qui le servira et le secourra, soit lui-même comblé de toutes sortes de bénédictions.

» Oui, c'est là, Nos très chers Enfants, le vœu que nous formons dans toute l'ardeur de notre âme, à la fois pour votre bonheur et pour le succès et la joie constante de celui que nous n'appellerons plus, dorénavant, que du doux nom de Frère.

» La fête solennelle de la Consécration de notre Coadjuteur a encore été pour nous l'occasion d'une autre et très vive satisfaction, que nous ne saurions vous dissimuler. C'est d'avoir vu, de nos yeux, avant de laisser la terre, dans toute sa pompe et sa splendeur, le temple que nous avons, de concert avec vous, érigé à la gloire du Seigneur. C'est de nous y être rencontré, encore une fois, avec nos vénérables frères, les Evêques de la Province, presque tout notre clergé, un grand nombre de prêtres des diocèses voisins, et une grande multitude de nos enfants. Oh! que ce spectacle a produit de profondes émotions dans notre âme!

La rare beauté de ce sanctuaire qui nous a coûté tant de veilles et de sollicitudes, son ornementation magnifique, le caractère auguste de la nombreuse assemblée qu'il contenait, la majesté des cérémonies du culte nous auraient instinctivement porté, si nous eussions donné cours à la vivacité de nos sentiments, à nous écrier successivement avec le prophète royal : Quam dilecta tabernacula tua, Domine virtutum! Concupiscit et déficit anima mea in atria Domini. Que vos tabernacles sont aimables, Dieu des vertus ! mon âme est consumée du désir ardent de voir les parvis du Seigneur. Quam bonum,quam jucundum habitare fratres in unum! Oh qu'il est bon,quil est doux pour des frères d'habiter ensemble!

» Vous, N. T. C. F., vous reverrez sans doute des jours de pareille solennité, de semblable allégresse, si vous conservez la foi; pour nous, notre âge ne nous permet plus d'en conserver l'.-spoir en ce monde. Néanmoins, nous sommes très heureux d'avoir vu celui qui vient de s'écouler. Nous en bénissons publiquement la divine Providence, et nous vous remercions, du plus profond Je notre cœur, N. T. C. F., de nous avoir procuré, par vos généreux sacrifices, par vos offrandes multipliées à notre cathédrale, cette grande et si douce consolation.

» Ceux d'entre vous, plus heureux que les autres, qui ont partagé avec nous le bonheur d'assister à la fête dont nous parlons, ont dû sentir aussi leur âme s'élever délicieusement vers Dieu, et l'amour de la religion s'accroître dans leur cœur, avec une soif plus ardente des jouissances célestes. Ils n'auront pas regretté l'obole de leur aumône à notre œuvre; ils se seront au contraire sincèrement réjouis d'avoir donné à l'Eglise de ce diocèse les moyens de déployer aux yeux de ses enfants tout l'éclat et la magnificence qui conviennent à ses solennités et à ses triomphes.

» Sera le présent Mandement lu et publié au prône dans toutes les paroisses et en chapitre dans les communautés religieuses le premier dimanche après sa réception.

» Donné à l'Evêché des Trois-Rivières, sous notre seing et sceau et le contreseing de notre Secrétaire, le premier jour de Mais, mois consacré à honorer le glorieux saint Joseph, premier patron du pays, do l'an mil huit cent soixante-sept.

» Par Monseigneur,

» f Thomas Cooke,

u Evèque des Trois-Rivières.

» A. Delphos, Ptre, » Secrétaire. »

Cependant, les forces de Mgr Cooke allaient chaque jour diminuant et, ne se faisant plus d'illusion sur sa fin prochaine,

il se décida bientôt à confier à Mgr d'Anthédon, son coadjuteur, l'administration complète de son diocèse. Il rendit sa décision publique par la lettre pastorale qui suit, datée du 11 avril 1869 :

Thomas COOKE.

Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint-Siège Apostolique, Evoque des Trois-Rivières, etc., etc., etc.

Au Clergé, aux Communautés Religieuses et à tous les Fidèles de Notre Diocèse, Salut et Bénédiction en N. S. J. C.

» Nous venons de célébrer ensemble, N. T. C. F-, le cinquantième anniversaire du Sacerdoce de Notre Saint-Père, Pie IX, l'illustre Chef de l'Eglise catholique. C'a été un grand jour de joie pour Nous, que celui où il Nous a été donné de remercier Dieu, avec vous, des faveurs singulières qu'il a accordées si abondamment à ce grand Pontife. Nous avons été non moins heureux de présenter, en Notre nom et au nom de tout Notre troupeau, nos humbles supplications au Ciel pour qu'il daigne fortifier de sa divine assistance son auguste Représentant sur la terre, au milieu des tempêtes terribles qui l'assaillent, qu'il le fasse bientôt triompher, et qu'il prolonge longtemps ses jours, tant pour la gloire de l'Eglise que pour son propre bonheur et celui de tous ses nombreux enfants spirituels. Cette grande fête, nous l'avons partagée, avec l'univers catholique, car elle a été universelle. Nous la compterons comme une de nos dernières consolations dans l'accomplissement de nos devoirs épiscopaux.

» Aujourd'hui, N. T. C. F., nous célébrons la fête de la Sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph, particulière à cette province. Cette famille très sacrée, d'où nous est venu le salut, est, comme nous vous l'avons si souvent répété, le modèle des familles chrétiennes. Cette fête doit donc être la fête privilégiée de toutes les bonnes familles. C'est en ce jour qu'il convient que le père prenne ses plus importantes résolutions à l'égard du bonheur temporel, et surtout du salut éternel de ses enfants, et nous exhortons, avec l'Eglise, de ne jamais oublier de le faire. Mais un Diocèse est aussi une famille, N. T. C. F., et l'Evêque est un père. Quel meilleur jour donc pour Nous que ce saint jour, pour prendre une détermination qui intéresse particulièrement nos chères ouailles !

» Nous ne jouissons pas, N. T. C. F., de la vigueur et de la santé exceptionnelle dont notre Père commun nous offre, sous le fardeau pastoral, un si bel exemple, et qui faisait, hier même,

le sujet de raille actions de grâces. La divine Providence, qui Nous a traité néanmoins avec une très grande générosité dans le partage des années, a voulu, pour des raisons toujours adorables, pleines d'équité et de convenance, que nous éprouvions plus tôt le poids de l'âge et des infirmités. Depuis longtemps, ainsi que Nous vous l'avons déjà fait connaître, Nous sentons graduellement nos forces nous abandonner. C'est pourquoi Nous demandions, il y a trois ans, au Saint-Siège, l'aide d'un Coadjuteur, qui nous fut alors accordé.

» Comme l'homme a été créé pour travailler, et que Nous tenions à employer le reste de nos forces au service du Seigneur, auquel, nous les avons consacrées dans notre jeunesse, Nous n'avons pas cessé, selon notre capacité, même depuis cette époque, de nous o ruper de l'administration de notre Diocèse, conjointement avec notre bienveillant Coadjuteur. Mais voici que ces forces diminuent rapidement et trahissent notre volonté. Nous ne pourrions plus, sans péril pour nous-mème et sans danger pour vous, N. T. C. F., porter le fardeau d'une si grande administration, qui doit maintenam reposer entièrement sur des épaules plus jeunes et plus robustes. Comme le laboureur épuisé, Nous laissons les mancherons de la charrue, et nous entrons, à son exemple, dans la retraite et le recueillement de nos derniers jours. Nous confiant donc pleinement dans la prudence et la sagesse de Notre bien-aimé Coadjuteur, Nous nous déchargeons, dès ce moment, totalement sur lui du soin de vos âmes..

» Ainsi, et à cette cause, le saint Nom de Dieu invoqué, en vertu d'un Induit spécial, sollicité par Nous en mai 1867 et gracieusement obtenu de la cour de Rome, le 30 septembre de la même année, Nous avons nommé et établi, nommons et établissons par les présentes Sa Grandeur, Mgr Louis-François Laflèche, Evêque d'Anthédon, jusqu'ici Notre Coadjuteur, Administrateur de notre Diocèse, avec toute l'autorité, les droits et privilèges que cette charge comporte, et Nous enjoignons au Clergé, aux Communautés religieuses et à tous les fidèles sous notre juridiction de lui porter le respect, l'obéissance et l'amour qu'ils doivent au premier Pasteur de ce Diocèse.

» En voug faisant cette recommandation, N. T. C. F., une des plus importantes qu'il nous soit possible de vous faire, l'obéissance étant la clef de l'édifice spirituel : Qui vos audit, me avilit. Nous sommes, à la vérité, sans grande inquiétude. Car Nous avons vu, à notre grande joie, comment jusqu'ici vous vous êtes acquittés de ce devoir envers celui qui n'était encore que Notre Coadjuteur. Votre respect et votre affection sont donc pour Nous le motif d'une grande espérance. Persévérez dans les mêmes sentiments, et le Seigneur ne manquera pas de vous combler de ses abondantes faveurs. Outre le caractère très sacré qui l'honore,

outre la dignité sublime de la charge qu'il occupe, sa charité et son dévouement pour vous méritent amplement votre confiance et votre attachement.

» Nous-même, N. T. C. F., Nous croirions manquer à un devoir de justice envers ce très digne et très zélé Collaborateur, si Nous ne profitions pas de cette circonstance, peur lui donner un témoignage public et solennel de Notre entière affection et de Notre très vive reconnaissance. Malgré que des hommes égarés ne voudraient pas que l'on rendît hommage au mérite, Nous nous plaisons à reconnaître ici les nombreux et incessants travaux qu'il a accomplis, au su de tous, en Notre faveur, depuis plusieurs années, notamment ceux qui ont trait à notre Cathédrale et à la défense des saines doctrines. Il Nous a même soulagé, nous le déclarons, au point de prolonger longuement nos jours, et nous voulons que la mémoire en soit conservée pour le temps où Nous no serons plus. Aussi, quoique Nous n'ayons pas à bénir Celui que l'Eglise elle-même a solennellement consacré, Nous n'en élevons pas moins la voix vers le Seigneur pour le prier instamment de rendre au centuple au nouvel Administrateur ce qu'il a fait pour Nous, et Nous espérons que ce cri de notre âme sera entendu.

» C'est donc avec une entière confiance et un grand bonheur, N. T. C. F., que Nous vous remettons aujourd'hui entre ses mains.

» Tous les liens qui nous unissaient ne sont cependant pas rompus. Nous demeurerons toujours votre père, et vous serez toujours (nos enfants : car comment un père peut-il se séparer absolument d'enfants qu'il a longtemps aimés et nourris?

» Pendant que Mgr l'Administrateur descendra comme Josué, dans la plaine, et vous conduira au combat, comme un autre Moïse, Nous ne cesserons de prier sur la montagne, pour vous aider à obtenir une complète victoire.

» De votre côté, au milieu de vos triomphes, vous n'oublierez pas le vieux Moïse; vous lui soutiendrez les bras, vous demanderez au Seigneur, par le sang de son divin Fils, qu'il ne soit pas, pour les fautes commises dans la conduite du peuple de Dieu> privé du bonheur d'entrer dans la terre promise aux élus; vous le supplierez d'éloigner de son âme les tribulations de la dernière heure, et de lui donner sa paix, afin qu'il puisse toucher au moins une petite récompense, si peu méritée qu'elle soit, en attendant l'heureuse réunion où pasteurs et brebis ne feront plus qu'un seul et même troupeau dans la gloire de Jésus-Christ. Recède paululùm ab eo ut quiescat, donec optata veniat sicut mercenarii dits ejus. Et fiet unum ovile et unus pastor.

» Nous voulons maintenant, Nos Très Chers Enfants, que Notre

dernière parole et Notre dernier acte d'administration soit une parole et un acte de bénédiction :

» Que la bénédiction du Dieu Tout-Puissant, Père, Fils et Saint- Esprit, descende donc sur vous, et y demeure à jamais.

» Benedictio Dei Omnipotentis, Patris, et Filii et Spiritus Sancti, descendais super vos et maneat semper. Amen.

» Sera Notre présente Lettre Pastorale lue et publiée au prône dans toutes les églises ou chapelles où se fait l'office public, et en chapitre dans toutes les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.

» Donné aux Trois-Rivières, en notre demeure épiscopale, le jour de la fête de la Sainte Famille, le onze d'avril, mil huit cent soixante-neuf, sous notre seing et sceau et le contreseing de notre Secrétaire.

» f Thomas, Ev. des Trois-Rivières.

» Par Monseigneur,

» Agapit Legris, Ptre, » Secrétaire. »

Et voilà comment, avec ses meilleurs encouragements et sa bénédiction suprême, ce sage pasteur, se retournant sur le seuil de l'éternité, envoyait dans la plaine infestée de philistins un chef vaillant qu'il savait aussi ardent crue dévoué, visiblement élu pour de rudes combats ; hélas ! aussi pour ces troublantes contradictions, qui font d'ordinaire les héros et les saints.

Je m'étais proposé de donner ici et de suite le Mémoire de Mgr Laflèche sur la question de la Division du diocèse des Trois-Rivières, avec l'intention d'y montrer dans leur plein épanouissement les intrigues inqualifiables de ses adversaires francs-maçons et libéraux, manœuvrant sous l'égide de Taschereau et de l'Université Laval ; de souligner ce qu'il y a de plus attristant en ces sortes d'aventure : le succès final à Rome même d'intrigues infâmes qui eussent conduit leurs auteurs en d'autres pays, et tous autres que les malfaiteurs voilés de Québec, aux Assises d'abord et de là, pour le restant de leurs jours, aux galères vengeresses. Ce seront, si l'on veut bien, les révélations de la fin de notre collection, le bouquet

spirituel d'une longue méditation commune appelée à porter dans les intelligences droites, d'heureux fruits.

Je donnerai de préférence, pour finir ce troisième volume, la brochure de Mgr Laflèche intitulée : L'Influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile. Elle montrera que Tévêque des Trois-Rivières avait autant souci des droits de l'Eglise que de la dignité de son sacerdoce.

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