‹ Condensation des imines avec les cétones et application à l'obtention de composés cycliques; Action photo-chimique des radiations ultraviolettesChapitre 74 sur 86 · CONDENSATION DE LA BENZYLIDÈNE-ANILINE AVEC L'ACIDE LÉVULIQUE · texte numérisé non relu

CONDENSATION DE LA BENZYLIDÈNE-ANILINE AVEC L'ACIDE LÉVULIQUE

L’acide lévulique, ou son éther, étant un acide cétonique 1-1, présente de grandes analogies avec l’éther pyruvique et l’éther acétylacétone, tout au moins quant à sa constitution. Aussi BERTINI a-t-il recherché si la condensation de cet acide avec la benzylidène aniline avait lieu. Dans un de ses Mémoires, il a prétendu que non (Gaz. Chine tal at ETES 00 D 22);

Depuis la communication de BERTINI sur ce sujet, ERLENMEYER Jr a démontré (Ber. d. Chem. Ges., t. 37, 1904, p. 1318) que l’acide lévulique se condensait avec la benzaldéhyde, non comme on le pensait autrefois par le méthylène :

CSH5—CHO + CHi—CO—CH2—CH2—CO2H + CH5—CH=C—CI2—CO2H

CH3—CO mais par le méthyle, pour donner

CHOC CRE CO CHE CHE GO2rR

Cette nouvelle formule éloigne donc l'acide lévulique de l’éther acétylacétique et fait comprendre pourquoi la réaction de SCHiFr ne doit pas s'appliquer. Cependant, si l’aptitude réactionnelle dans

Gr —

l'acide lévulique se trouve reportée sur le méthyle, ce corps, d’après les règles que j’ai indiquées pour la condensation des cétones méthylées avec la benzylidène-aniline, doit pouvoir se condenser avec cette imine. C’est bien, en effet, ce que j'ai constaté en contradiction avec l’assertion de BERTINI.

Si, à une solution alcoolique de 18 g. de benzylidène-aniline on ajoute 12 g. d'acide lévulique, qui s’y dissout très facilement, au bout de quelques keures il se sépare un dépôt volumineux. Après un jour, la quantité déposée atteint 20 g.

Ce corps est très difficilement soluble dans tous les dissolvants usuels (alcool, benzène, éther, etc.) mais l’acétone le dissout assez bien. Après cristallisation dans l'alcool, on obtient une poudre cristalline fondant à 146-1470.

Analyse : Substance — 0.1690 CO? = 0;45#7 H°O0—= 0098 Substance — 0,2814 N = «1,9 à 140 556 mm.

Trouvé: CO — 72,88 = 650 N= 4,92

Calculé pour CHE ON : C — 72,72 H = 6,39 N — 4,91

L’acide anilinobenzyllévulique se dissout dans l'acide sulfurique concentré avec une magnifique coloration rouge. Il suffit même de quantités très faibles de ce composé pour qu’on puisse apercevoir très nettement la coloration.

Si l’on verse sur de la glace pilée cette solution sulfurique, la couleur rouge disparaît aussitôt et il se précipite des flocons blancs, tandis que la partie aqueuse renferme du sulfate d’aniline. Après filtration et dessiccation sur une assiette poreuse, on obtient une poudre blanche facilement soluble dans l’alcool, le chloroforme et l’éther, mais insoluble dans la ligroïne. Après plusieurs cristallisations fractionnées dans le chloroforme, on obtient de petits cristaux fondant à 1250.

L'analyse, qui a donné des résultats concordant avec la formule de l’acide benzallévulique, et les caractères précédents montrent suffisamment l'identité de ce corps avec le composé obtenu par ERDMANN (Per dAChem Ge MS pote Liebig s Annalen, t. 258, 1890, p. 129) et par ERLENMEYER Jr (Ber. d. Chem. Ges.,t. 23, 1890, p. 74; t. 37, 1904, p. 1318) en condensant la benzaldéhyde et l'acide lévulique.

L’acide anilinobenzyllévulique, par suite de sa grande insolubilité, sauf dans l’acétone, se prête mal à l'étude de l’action de la phénylhydrazine, hydroxylamine et semicarbazide, mais j'ai vérilié avec le chlorure de benzoyle et avec l'isocyanate de phényle que ce corps se comportait absolument de la même manière que les autres cétones B-anilinées, c’est-à-dire en donnant de l’acide benzallévulique.

Os —

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