SAPIN SUR LE BORD DL LAC
DE LA Xe
Etat des Forèts de la Mouvelle-Ecosse
Par B. E. FERNOW, LL.D.
Objet et But de la Reconnaissance des Forêts
À raison la plus plausible et la plus convaincante pour s'assurer de l'étendue et de l'état des ressources forestières de la pre ‘ce—politique éclairée que
devraient suivre toutes les autres provinces—est qu'il semble folie d'administrer une propriété ou de prescrire des règlements à cette fin quand on ne la connaît pas. Cette réflexion s'applique au domaine public aussi bien qu'à la propriété individuelle. 11 arrive un moment que l'on ne suurait plus excuser l'ignorance des ressources d'un pays prises dans leur ensemble, ni celle de l'état des propriétés qui appartiennent encore à la Couronne. Le gouvernement est certainement justifié de s'assurer de cet état; lui seul peut conduire l'entreprise ave: succès, lui seul est, ou devrait être, intéressé à chaque acre de la province, qu'elle soit la propriété du cultivateur, de l'exploitant de bois ou de la province elle-même.
Cette reconnaissance a donc alors pour but d'éclairer les esprits sur cette importante ressource de la province; de substituer des connaissances définies aux notions générales concernant l'état de la somme du bois de construction, et de mettre en évidence la nécessité d'un usage plus modéré, et peut-être l'adoption de mesures de récupération. C'est la première lessive à faire.
Un tel recensement est de nature à fournir des données approximativement exactes quant à l'étendue, le carartère et l'état des ressources forestières de la province, en vue de présager l'avenir et de fournir une base sur laquelle le gouvernement pourrait établir une politique non seule-
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ment à l'égard des terres de la Couronne qu'il possède encore, mais à l'égard de celles de toute la province.
Quand on saura qu'au moins les deux tiers de la province sont des terres non arables, couvertes de bois ou impropres a tout autre usage qu'à la production de bois de service, et que cette ressource forestière, qui ne fournit pas moins de quatre à cinq millions de dollars en valeur de produits par année. est menacée d'extinction au cours des deux prochaines décades, l'importance et l'opportunité des recherches quant au caractère et à la possibilité de la continuer ne sauraient guère être mises en doute.
On eût peu gagné en cherchant à faire un relevé très exact et détaillé, qui aurait entraîné des dépenses hors de proportion avec la valeur des résultats et qui n'aurait pas justifié l'usage auquel il est destiné. De même que les chiffres de notre recensement décennal et même ceux de la population, ne sons que des approximations—ou, si, par hasard, ils étaient absolument précis, au temps de leur énumeration, ils auraient certainement été inexacts, lors de leur publication—ainsi, en fait de ressources forestières, on ne peut obtenir et souhaiter que des chiffres approximatifs et des moyennes générales. En effet, chaque année voit passer la forêt vierge en forèt triée, celle-ci en forêt dénudée, et cette dernière en forêt incendiée ou remplacée par de nouveaux rejetons. Donc, il n'est pas désirabie d'atteindre une grande exactitude, pût on même y arriver. Néanmoins, il existe une grande différence entre une approximation obtenue systématiquement et une évaluation a priori de la personne la mieux renseignée. Celle-ci n'en a, généralement, qu'une connaissance locale ou partielle.
D'un autre côté, le recensement est le travail de forestiers, qui peuvent décrire les conditions forestières mieux que la plupart des inspecteurs d'arbres. Ceux-ci étudient le problème à un point de vue différent de celui du forestier qui se rappelle que les renseignements qu'il fournit serviront de guide pour traitement futur de la forêt.
Objet et But du Recensement
On pourrait peut-être avancer qu'une telle reconnaissance ne saurait se proposer de fournir des renseignements détaillés au commerce individuel, vu qu'elle n'a pas cherché à atteindre ce but. Il serait dangereux, quant aux détails, de se baser pour chaque cas sur les données se rapportant à une portion quelconque, ou allant d'un lot à un autre; n'ont de valeur et d'exactitude approximative que les grands totaux ou la moyenne, les erreurs de détails se compensent mutuellement.
Les hommes d'affaires sauront saisir ce point en voyant qu'il ne s'agit pas d'un relevé des details, mais d'un travail de reconnaissance, et que les dépenses totales, y compris la compilation des données, la carte et le rapport ne devaient pas s'élever à plus de $6,000. Le travail sur place, à lui seul, devait être effectué au prix, presque incroyable, de 25 cents par mille carré d'étendue forestière,
au lieu que toute tentative d'évaluation détaillée du bois debout aurait coûté de $10 à $20 par mille carré.
Methode de Recensement
Le premier problème, dont il fallait chercher la solution, consistait à trouver une méthode qui, vu cette légère dépen:+, pourrait cependant donner de bons résultats. Aprè: ctude de l'état général du pays, la méthode fut basée sur la théorie que, dans une contrée si bien établie et accessible, et renfermant tant de petits propriétaires, il était possible de trouver en chaque partie une ou plusieurs personnes qui connaissaient exactement la situation locale. Trouver de celles-ci, pour en obtenir les renseignements désirés, était donc chose facile; comparer leurs données avec celles d'une autre personne et s'assurer de leur valeur, en cas de divergence, par inspection personnelle, ne présentait guère de difficulté. Donc il ne nous resterait à parcourir que les parties sur lesquelles nous ne pourrions pas obtenir de renseignements, ou à étudier les différences de type et nous assurer que la description donnée par la personne interrogée correspondait à celle de l’interrogateur.
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En ce faisant, il nous fut possible de réduire au minimum le total des dépenses et la lenteur de la marche; point d'ustensiles de campement ; quelques aides de temps à autre, vu que nous pouvions trouver à nous accommoder le long du chemin et dans les chantiers. Incidentellement, ce mode d'action réalisa la louable intention d'intéresser le public à la proposition tout entière.
Donc, au lieu d'organiser une équipe de recenseurs pour voyager en groupe, on donna carte blanche à chacun d'agir plus ou moins indépendamment des autres. On lui assigna un certain territoire, avec instructions de faire usage de son propre jugement relativement aux moyens à prendre pour progresser en son travail, —voyageant soit à pied, en voiture, chemin de fer, ou canot, le cas échéant.
En ce faisant, on réussit à rassembler les renseignements que possédaient les possesseurs de terres à bois sur leurs proprietés et celles de leurs voisins. Ces renseignements étaient ensuite vérifiés par des données obtenues d'autres sources, telles que celles des arpenteurs, des évaluateurs de bois, des bûcherons, etc. Les exploitants de bois, surtout, se sont montrés très empressés à fournir des renseignements, quelquefois, d'un caractère tout confidentiel, que l’on a, naturellement, incorporés dans le chiffrage des moyennes seulement.
I1 faut admettre, en passant, que nous avons rencontré un nombre extaordinaire d'hommes intelligents et bien renseignés dans tout le pays; une telle bonne fortune a, naturellement, beaucoup contribué à faire de cette méthode un succès.
On s'est servi, pour l'inscription de nos renseignements, des plans d'arpentage des terres concédées par le départment des terres de la Couronne, et à cette fin spécialement dressés et imprimés en noir sur des feuilles. A l’aide de ces plans, il nous fut possible de parcourir le terrain lot par lot, avec les informateurs, et, au moyen de symboles, de marquer sur le plan l'état du lot. Les renseignements,
id inner Rte becs délit ant dis ab doi pts aphri
Objet et But du Recensement
après vérification, étaient rapportés directement, et sur place, au crayon de couleurs, les chiffres et les lettres indiquant des états différents; ainsi, la carte du terrain sert de base à la compilation des renseignements et à sa transcription sur une carte dressée d'après une échelle de moindres proportions, en vue de la publication. Ces feuilles, contenant les plans des arpentages originaux des terres concédées, à l'échelle de 2 pouces du mille, déposées au département des Terres de la Couronne, renferment probablement la description la plus complète qui existe, au moins sur ce continent, de l'état d'un si vaste territoire (21,000 milles carrés.)
Malheureusement, ces plans d’arpentage sont, comme on le sait bien, souvent très inexacts; conséquemment, les renseignements y contenus ne sont pas, en général, plus précis que la carte. Ce fait contribue aussi à montrer qu'il ne fallait pas chercher à obtenir une trop grande exactitude. Les inexactitudes des arpentages sont dues à deux causes : premièrement, à l'absence d’un système de triangulation ou d’autres moyens de baser de nouveaux arpentages sur des lignes fondamentales définitivement localisées, ce qui a dû créer des difficultés, car on n'a pas suivi de plan arrêté en délimitant les lots, comme on l'a fait dans. les autres provinces; et deuxièmement, aux erreurs commises, malicieusement ou autrement, par les arpenteurs sur le terrain même. C'est par suite de celles-ci que des concessions de 100 acres de terres contenaient quelquefois jusqu'à 800 acres ou plus, alors que sur la carte elles étaient indiquées comme contenant l'étendue concédée. Quand on saura que, dans un cas, un lac, y compris les lots adjacents, fut trouvé situé à sept milles de l'endroit où il est indiqué actuellement,on se rendra compte de la difficulté de rapporter les renseignements et de l'inutilité de chercher à atteindre une trop grande précision.
Un autre point important se rattache à cette condition du travail du recensement. En théorie, toutes les terres qui figurent sur les feuilles de la carte, qui ne sont pas mar-
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quées comme concédées, sont supposées appartenir à la Couronne; mais puisque les arpentages exécutés sur les lieux et ceux rapportés sur la carte présentent souvent des divergences dans le nombre d'acres, les prétendues terres libres, en plusieurs cas, n'existent pas, ou ne sont pas de la grandeur mentionnée.
I1 fallut donc abandonner le premier plan d'examen des terres de la Couronne, car leur localisation était très incertaine. Il semble donc nécessaire de tirer les lignes d’arpentage de ces terres avant de pouvoir entreprendre une étude de leur valeur. Elles sont apparemment dans les stériles ou demi-stériles, toutes les bonnes étant déjà concédées. Des terres stériles ont :pendant une certaine valeur ou sont susceptibles d'en acquérir une éventuellement.
Genre d -nseignements Recueillis
Le travail de reconnaissance a, la plupart du temps, révélé en détail les points suivants : la composition ou le genre de forêt; le degré du déboisement; l'étendue dévastée par les incendies; l'état du reboisement; la nature des terres stériles: les terres à prairies naturelles, et les terres défrichées. Incidentellement, et pour obtenir des moyennes acceptables, on a fait entrer en ligne de rompte le bois debout de différentes sections, et l’on a fait également des études sur le taux de croissance dans les endroits en partie déboisés. Le Dr. Howe a analysé aussi une série d’échantillons de sols en vue de connaître leur adaptabilité à la production du bois.*
On ne s’est pas appliqué à faire de séparation précise des réserves à bois sur les grandes fermes. Le long des pièces d'eau, les champs et les réserves à bois forment un pêle-mêle indescriptible. On s’est contenté de faire ici une estimation des pourcentages des parties boisées, et on les a ajoutés aux étendues couvertes de bois.
Afin de réduire la grande variété des conditions forestières, que l'on observe partout où l’homme a touché
* Voir p 84, et suiv
Objet et But du Recensement
au travail de la nature, et en faire un nombre acceptable pour la statistique, on a divisé les forêts en trois classes, savoir : très déboisées, quand plus de la moitié du bois avait été enlevée, modérément déboisés lorsque le déboisement va d'un tiers à la moitié, et vierges, lorsqu'elles étaient intactes, ou quand le pin seulement ou les plus fortes épinettes avaient été enlevées à des époques antérieures. D'un autre côté, la reproduction des conifères a été classifiée comme bonne, assez bonne ou médiocre, et l'on. a pris spécialement note des rejetons ou seconde pousse.
Il convient d'observer que la distinction en très déboisé, et modérément déboisé ne saurait être considérée comme très définie, et qu'en certains cas particuliers la classification est souvent douteuse. Cependant, dans les moyennes générales, les erreurs seront largement compensées, avec tendance, sans doute, à grossir l'étendue des conditions favorables au-delà de ce qu'elles sont. Nous avions ainsi, dans l’ensemble, atteint l’objet de la classification, savoir . donner une idée de ce que promet la puissance reproductrice de la forêt.
Sur les endroits brûlés, on a fait la part des incendies récents et celle de ceux plus anciens, pour se rendre compte 4e leur recouvrement probable. Nous avons fait mention de la date de l'incendie, quand nous avons pu nous en assurer.
En certains endroits, les feux ont souvent exercé leurs ravage- créent ainsi de véritables déserts. Ces endroits ont été indiqués d’une manière spéciale. En d’autres places, les incendies, tout en dévastant d'immenses étendues, ont épargné quelques bosquets, qui, cependant n'étaient pas suffisamment importants pour les faire entrer en ligne de compte. Nous les avons caractérisés de lieux totalement brûlés, tout en nous servant d’une marque spéciale, qui indique les arbres respectés par l'incendie ; nous avons fait une évaluation de ces survivants.
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Les terrains stériles, expression que l'on emploie libéralement pour caractériser une région plus ou moins improductive, et dont il y a de grandes étendues, forment un sujet d'étude écologique et économique des plus intéressants. On trouve au moins six genres de lieux stériles, quelques-uns le sont naturellement, d'autres sont l’œuvre de l’homme ; quelques-uns sont condamnés à la stérilité perpétuelle, d'autres peuvent être rendus propres à la production de bois ou convertis en pâturages. La plupart des prétendues terres de la Couronne sont de ce nombre, et il serait utile de les soumettre à une étude plus minutieuse et à des essais, afin de trouver le meilleur moyen d'en tirer un bon parti.
On croit généralement que la stérilité est le résultat d'incendies dévastateu:.. souvent répétés. L'étude du Dr. Howe, particulièrement instructive, et qu: forme partie de ce rapport, pourra dissiper beaucoup de cette crédulité. En effet, ses conclusions sont le fruit de recherches, et non pas seulement une simple opinion ou croyance. Bien qu'en certain cas, le feu puisse être la véritable cause, et qu'il ait été la cause première, de toutes les stérilités à un moment donné, il y a cependant des exceptions que l'on peut expliquer et démontrer comme étant le résultat de causes naturelles. La stérilité, en pareils cas, comme on le verra, provient ordinairement de la nature du sol, due à trop ou trop peu de drainage, à des marais de plusieurs sortes, et à de véritables bruyères. La région stérile, composée en grande partie de terres non aliénées que l'on trouve aux environs des coins communs aux quatre comtés de Digby, Yarmouth, Shelbourne et Queens, et au coin sud-ouest d'Annapolis, est très probablement, en grande partie, le résultat d'incendies répétés. Elle présente, néanmoins, la plus grande variété d'états, et renferme comme quelques-unes des étendues brûülées mentionnées, des pièces de terre ou des îles couvertes de bois vert, des marais ou des collines de bois dur, ou des massifs de pins, parfois d'une bonne grosseur. On ne s'est guère donné
Objet et But du Recensement
la peine de localiser ces îles, excepté quand elles étaient propriétés particulières, l'absence de lignes définies formant obstacle.
Quant à ce qui regarde la composition de la forêt, on a ramené la grande variété des essences à trois types : bois durs proprement dits, conifères purs, et essences mixtes conifères et bois durs. Il est certain que la pureté n'est que relative, car il est rare de trouver des endroits couverts seulement d'une seule essence. Pour constituer cette dernière classe, c'est à dire, les essences mixtes, nous avons adopté une proportion de conifères et de bois durs d’au moins 20 pour cent de plants (non de troncs de sciage). On a noté entre parenthèses la prédominance relative des différentes espèces de chacune de ces classes, dans l’ordre de la supériorité de leur nombre, afin que, en cas de nécessité, il soit possible de les subdiviser encore par rapport à leur type différentiel.
On a recueilli des dot. ‘ressantes sur la prédominance de certaines espèces en quelques localités. Trois familles de conifères surtout, le pin, l'épinette et le sapin noir, bien que répandus partout, peuvent être cependant plus ou moins localisés. Ainsi, par exemple, on peut appeler le comté d'Annapolis la région du sapin noir, cette essence compose de 60 à 70 pour cent du bois debout. L'intérieur du comté de Digby est aussi peuplé en grande parti de sapins noirs, les côtes, au contraire, donnent naissance à l'épinette, cette dernière composant jusqu'à 75 pour cent de la forêt. Le pin domine dans Shelburne et en certaines parties de Queens; l’île du Cap Breton, au contraire est le pays du sapin.
Outre les divisions du terrain en sections, qui montrent pleinement la distribution de la classification forestière, on a préparé une carte à l'échelle de 4 pouces du mille; elle pourra servir à tracer d’autres cartes de dimensions réduites; elle montre, par diverses hachures en noir, la piace des différents groupes de bois.
ER nes ——
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L: Dr. Howe a composé un chapitre spécial qui traite de la description générale du pays, et des genres de forêts, avec indication de leur répartition sur différents sols. Il s'applique tout particulièrement à discuter la question des lieux stériles et du reboisement des endroits incendiés.
: Ces études sont une importante addition à ce rapport. Comme elles n'étaient qu'incidentelles, et que l'on n'y a consacré que peu de temps, on les trouvera suffisamment complètes pour donner un aperçu de la nature des sols, et de leurs propriétés relativement à la production des arbres.
Aspects Physiographiques
De la description plus détaillée fournie par le Dr. Howe, nous pouvons résumer brièvement les aspects physiologiques et géologiques, les formations des sols et la description des forêts. La province peut se diviser en trois régions, qui diffèrent sous ce rapport, savoir : le versant du sud (Atlantique) le versant du nord—deux étendues d'égale superficie et constituant la terre-ferme et l'ile du Cap Breton.
Le versant de l'Atlantique repose Sur des couches de granit, de quartzite, d'ardoise, et sur des dépôts formés par les glaces; il est entrecoupé topographiquement par des collines et des vallons, des marais. Les trois huitièmes de la partie ouest de la péninsule, ou 3,000 milles carrés, et seulement 550 milles carrés dans l'est de la péninsule sont granitiques, plus ou moins bouleversés par l’action des glaces. Bien que cette région granitique ne soit pas souvent favorable à la culture agricr'- son sol convient particulièrement à la production des forêts surtout lorsqu'il doit sa formation à l’action des glaces. Les couches plus minces, le long des crêtes, sont ordinairement couvertes de conifères, parmi lesquels domine le sapin; sur les flancs les essences sont mixtes; Îles pentes moins prononcées et les bases donnent naissance à l'épinette et à la pruche ; on y rencontre parfois des lieux stériles naturels, ou rendus tels par les incendies, et des marais.
SAPINS ET ÉPINETTES ROUGES SOUS BOULEAUX À PAPIER REPRÉSENTANT UX TYPE DOMINANT SUR ÉTEND #S GRANITIQUES TRÉS DÉBOISÉES MAIS A ” NON BRULÉES.
Objet et But du Recensement
Les étendues quartzeuses, qui entourent les endroits granitiques situés au centre, sont formées de roches plus compactes et plus dures, et l'on y rencontre plus souvent des parties arides; au contraire, les formations schisteuses, et les meilleurs dépôts formés par les glaces dans les vallées, sont les pays agricoles, ou produisent des forêts de qualité supérieure. Ces deux formations couvrent environ la même étendue que le granit dans les comtés de l'ouest, mais, dans les comtés de l'est, les étendues quartzeuses sont de beaucoup plus considérables que les formations granitiques et schisteuses, conséquemmuat, les conditions de croissance sont, en général, moins favorables.
Les dépôts formés par les glaces sont ordinairement couverts des meilleures forêts, mais si la composition de leurs sols est trop grossière, ou le drainage excessif, on y trouve une tendance à la stérilité.
Le versant du nord, ou le bassin de drainage du détroit de Northumberland et du Bassin de Minas, bien que d’une composition topographique plus simple, est géologiquement, quant au sol et à la production des forêts, beaucoup plus diversifié, composé non seulement de roches ignées (felsites, syénites, diorites) et de roches métamorphiques (schisteuses), mais de grès, d'ardoise, de conglomérat, de calcaire, et de drift dûs à l’action des glaces, à un degré moindre. On trouve ici, outre le bois dur en plus grande quantité et de meilleure qualité, une végetation plus luxuriante; toutes les essences qui poussent sur le versant sud sont répétées sur celui-ci, et de plus quelques pins gris qui n'existent pas sur l'autre versant.
On peut diviser l’île du Cap Breton en deux sections distinctes, la péninsule du sud, qui est une plaine ondulée, et la péninsule du nord, un plateau élevé, avec légère variation topographique, excepté dans la partie nord où il est entrecoupé de collines.
La composition de la forêt varie surtout avec les différences du sol, les conditions climatériques ne diffèrent pas suffisamment, excepté sur le plateau du Cap Breton,
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et sur les plus hautes montagnes, pour y exercer une grande influence. En général, les essences sont mixtes—les types à larges feuilles et les conifères forment des massifs composés tantôt de plusieurs espèces, tantôt d'une seule; ceux-là se séparent des conifères et composent des bosquets d'arbres à larges feuilles de diverses espèces. Les bosquets d'une seule essence sont rares, et ne convrent qu'une faible étendue. Il faut excepter les endroits où le sol est de pauvre qualité, par exemple dans les plantes du comté de Colchester où pousse le pin gris, ou bien encore lorsque le climat et le sol s'unissent, comme dans le Cap Breton, pour produire des forêts de sapins.
Esçèces d’Arbres des Forets de la Nouvelle-Ecosse
A. CONiFERES
Le pin blanc (Pinus strobus) est une essence universellement répandue et pousse en bosquets mixtes, la première venue a été abattue presque partout, mais en certaines parties (Shelburne, Queens) il est très commun dans la seconde forêt.
Le pin rouge ‘Pinus resinosa) ne se trouve qu'en certains endroits, su des sols de gravier, surtout sur cux d'origine granitique, et sur presque toutes les piaines sablonneuses. Si l’on veut le localiser plus dans une place que dans une autre, on peut citer les comtés de Lunenburg et de Queens.
Le pin gris (Pinus divaricata) ne pousse guère que dans les plus pauvres sols du comté de Colchester. Il n'a aucune valeur commerciale.
L'épinette rouge (Picea rubra) est le principal arbre de bois de construction; on la trouve dans toute la province mais elle aime surtout les sols humides.
L'épinette blanche (Picea canadensis) n'est pas, comme on le croit et le dit, la principale espèce. Elle ne figure que dans les forêts vierges, en très petit nombre, à peine plus d'un pour cent. Mais, dans les pâturages et les clairières, elle prend rapidement possession du sol et
Classification des Arbres de Forêt
s'y développe très vite. Elle pousse surtout dans les régions côtières; on la trouve en abondance dans les comtés de Digby et de Yarmouth et sur le côté de Canso du comté de Guysborough; son bois est inférieur à celui de l'épinette rouge.
L'épinette noire (Picea mariana) est la principale épinette des marais, où elle atteint rarement une grande taille: on ne la trouve pas souvent sur les hauteurs et parmi les hautes futaws. Elle ne pousse, sans doute, que lenteinent dans les lieu: marécageux et ne sert qu'à faire des poteaux de mines et de la pâte à papier.
Le sapin baumier (Abies balsamea) est souvent confondu avec l'épinett” blanche, ou appelé de ce nom, surtout au Cap Breton. C'est le plus omniprésent et numériquement le plus répandu des conifères. On le trouve dans toutes les parties de la province, surtout au Cap Breton, où, sur le plateau, au nord de la pénisnule, il forme presque seul une forêt continue, avec, çà et là, quelques épinettes rouges et bouleaux blancs. C'est l'espèce qui se reproduit le mieux; elle supporte bien l'ombre, se développe aussi rapidement et même plus vite que l’épinette blanche, mais son existence n'est pas de longue durée, et elle est maintenant très sujette à une maladie et à une carie prématurée. Comme bois à pâte de papier, elle vaut l'épinette.
La pruche (Tsuga canadensis) est plus localisée en sa distribution que les conifères précédents, à l'exception du pin rouge et du pin gris. On la trouve dans les sols frais, surtout dans les comtés de l'ouest. Elle prend de la valeur comme bois de construction.
Le mélèze (Larix laricina) appelé en certains endroits ‘““genévrier,” pousse parmi l’épinette noire dans les marais. La mouche-à-scie a détruit les anciens plants, mais on en rencontre souvent de jeunes boisements vifs.
B. ESssENCES A LARGES FEUILLES
Le bouleau jaune (Betula lutea). Cet arbre précieux occupe le .oisième rang par le nombre parmi les bois durs
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dominants, seuls le hêtre et l'érable sont plus répandus que lui. Mais dans les comtés de l’est il surpasse en nombre ces deux derniers.
Le bouleau à papier ou bouleau blanc (Betula papyrifera) est répandu dans toute la province, mais il est très abondant dans la partie est, surtout dans le comté de Guysborough.
Le bouleau gris (Betula populifolia). Cette espèce n'entre pas dans la liste des bois marchands; on en fait cependant des cercles pour usage local; c'est un des arbres les plus communs, puisqu'il pousse sur les endroits brûlés.
Le chêne rouge (Quercus rubra). On trouve cet arbre dans les sols profonds, principalement le long des cours d'eau, dans les parties ouest de la province. C'est une venue inférieure qui occupe souvent les sommets rocheux et abondants en gravier.
Le hêtre (Fagus americana). C'est le bois dur le plus commun dans les forêts des comtés de l'est. Il constitue souvent à lui seul des massifs sur les crêtes et les sommets des collines.
L'érsl> à sucre (Acer saccharum) occupe le second rang, quant au nombre, comme bois dur, dans la province.
L'érable rouge ou mou (Acer rubrum) se trouve communément parmi le sapin dans les sols humides, le long des ruisseaux. On le trouve aussi parmi le bouleau gris sur les lieux à demi-stériles.
Le frêne américain (Fraxinus americana) est excessivement rare.
Le frêne noir (Fraxinus nigra) est commun dans les marais.
Au nombre des arbres non marchands, ou à ceux qui ne sont pas répandus en quantitiés suffisantes pour être livrés au commerce, on peut ajouter les suivants :