Arch. nat., B
La noblesse élut pour président M. de Savary S qui, pendant lu procession, avait déjà marché à sa tête, et pour secrétaire Lévrier.. Ces votes, inspirés surtout par l'étiquette et la courtoisie, ne préjugeaient nullement du vote final. Dans la 2" séance, commencée vers 5 heures, Ton aborda les questions sérieuses. A peine la noblesse était-elle réunie, qu'une députation du tiers demanda à être reçue. Elle était chargée de remercier les premiers ordresce des dispositions que plusieurs d'entre eux, notamment Hérault de Séchelles, avaient montrées de se rendre à la justice, en annonçant son vœu par écrit, même avant l'assemblée* »; mais elle avait en outre la mission beaucoup plus importante, d'annoncer que le tiers voulait : 1° la renonciation des 2 premiers ordres à leurs exemptions pécuniaires, et le payement des impôts par tous les citoyens,, proportionnellement à leurs ressources ; 2° la reconnaissance du droit du tiers état de parvenir à tous les grades et honneurs; 3°^ l'égalité de peine pour les criminels de tous les ordres^. Il était impossible au tiers de discuter la question du vote par tête avant de savoir l'opinion des privilégiés sur tous ces points.
L'opinion des électeurs nobles était sans doute faite d'avance,, et il ne se produisit pas de grande divergence de vues entre eux, puisque, quelque temps après, leur réponse parvenait au tiers. Les ambassadeurs, Hérault de Séchelles, Condorcet et Gaillon^ étaient tous trois sympathiques à la bourgeoisie, connus pour leurs idées démocratiques. Leur désignation était significative ; leurs paroles le furent encore plus. Hérault de Séchelles déclara que la noblesse désirait l'égalité de tous les citoyens, sans distinction, devant l'impôt ; que, sur le deuxième point, elle était d'avis de s'en référer aux États Généraux, en émettant le vœu que désormais « il n'y ait plus de barrière entre les hommes et les places » ; que, sur le dernier article enfin, elle acceptait la décision de l'Assemblée future, en observant que la demande n'aurait plus d'objet, si les peines infamantes étaient abolies, et en annonçant qu'elle était unanime à réclamer des mesures propres à anéantir « le déshonneur que le crime fait tomber sur la