‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 109 sur 520 · lùid · texte numérisé non relu

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Tamille du 'ôï'imineP ». Ainsi, sauf quelques réserves de pure îorme, le tiers état obtenait entière satisfaction : il le comprit, applaudit avec enthousiasme la réponse des délégués, et les recon- •duisit avec toutes les marques de la joie la plus vive.

La noblesse put croire dès lors que toutes les difficultés préliminaires étaient aplanies, et elle commença à discuter la question de la fusion. Le débat, vu Theure tardive à laquelle il s'était ouvert, fut ajourné au lendemain ; le 10, probablement dès le début de la séance, Condorcet prit la parole et prononça le discours suivant^:

L*arlicle 43 du règlement du 24 janvier autorise les ordres à se réunir pour la confection de leurs cahiers et l'élection de leurs députés ; mais il exige pour cette réunion le consentement dos trois ordres pris séparément.

Par cet article, le Roi ne se borne pas à nous laisser la faculté d*une réunion passagère; il nous invile à examiner, à décider en quelque sorte la question de la délibération par ordre; caries mêmes raisons qui nous porteraient à nous réunir dans cette asjRemblée, doivent nous porter à désirer que cette réunion ait lieu également -«lans l'assemblée des Etats. Ainsi ce ne seront pas les seuls députés aux Étals Généraux qui auront été appelés à se prononcer sur cette grande question; les assemblées de bailliages formées de députations nombreuses du tiei's état, d'une grande partie du clergé, de la totalité de la noblesse, auront toutes exprimé leur vceu, et, comme les <lépulés du tiers état, connue ceux des communautés ecclésiastiques, ont pu recevoir les instructions immédiates de leui*s commettants, avertis par cet article que cette question serait discutée, on peut dire <iue la nation entière aura été cimsultée, et que le vœu qui fixera la forme des délibérations sera celui de la nation elle-même. Cette mesure mérite notre reconnaissance.

î^in de moi sans doute cette triste méfiance qui ne voit dans les hommes chargés des intérêts publics que des ambitieux, et croit que le pouvoir corrompt toujours celui qui l'a reçu; mais la juste con liance dans les hommes qui formeront les Etals Généraux ne doit pas empêcher de voir que, chargés de? fonctions importantes, leur vertu peul être exposée à de grandes tentations, qu'un grand nombre peuvent être animés par des vues personnelles, et que, plus leur talent peut leur promettre d'influence, j>his ce danger devient redou table. Ici au contraire, nous pouvons comme tous les hommes être

i. Ibxà,, r- U8-t 49 -,61 338-340.

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