‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 119 sur 520 · IblU · texte numérisé non relu

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provinciaux, dont les membres seront librement élus ; 8** qu'il ne sera passé ni à l'examen de la dette, ni à l'octroi d'aucune levée de deniers, ni à aucun emprunt avant qu'il ait été statué sur ces bases constitutives. » Le département enjoint à ses députés « dans le cas où il sera nommé des commissaires pour la confection de cahiers particuliers à chaque ordre, ou communs aux trois ordres, d'exiger que cette rédaction soit examinée de nouveau dans l'assemblée générale des électeurs afin d'en recevoir la sanction. Enfin, quoique la noblesse de Paris ne jouisse d'aucun privilège», il joint son « vœu à celui de la grande partie de la noblesse du royaume, pour que l'impôt soit supporté également par tous les ordres* ».

11. — L'assemblée générale des électeurs parisiens s'ouvrit le 23 avril à l'Archevêché. La première question débattue fut celle de la fusion des ordres ; après trois jours perdus en vaines querelles d'étiquette et de compétence, elle fut tranchée négativement*. Après avoir prêté serment, les délégués de chaque ordre se constituèrent en Chambres séparées. On pouvait toutefois espérer encore qu'un compromis interviend)*ait, que les griefs formulés par toutes les classes de la population parisienne seraient présentés au nom de la capitale tout entière, en un cahier commun, qui serait arrêté en séance plénière. La noblesse était, semble-t-il, acquise d'avance à ces idées. Ce fut le tiers qui empêcha leur succès : à Paris comme à Mantes, il se déclara en faveur de la séparation complète des Chambres ^. Dès lors la continuation du débat n'avait plus de raison d'être ; la majorité de la noblesse le comprit, et prononça, le 29, la clôture de la discussion; pourtant 15 députés s'obstinèrent à réclamer la réunion des ordres, et ils obtinrent de leurs collègues, à titre de consolation, le vote d'une adresse, aussi chaleureuse qu'inutile, en faveur de la conservation de la commune *.

Cette attitude intransigeante et méfiante du tiers aurait produit d'après des documents contemporains, une impression déplorable sur les électeurs nobles. A supposer que le fait soit exact,

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