LES DÉBUTS DES ÉTATS GÉNÉRAUX
L — Écarté des États Généraux, Condorcet en est réduit à suivre de loin et en spectateur, les événements qui se déroulent à Paris. S'il n'agit pas directement, il ne laisse pas d'exercer une certaine influence politique par les conseils qu'il donne et les délibérations auxquelles il participe. 11 retrouve, soit chez lui, à la Monnaie, soit à Thôtel de la Rochefoucauld *, nombre de députés qu'il connaît de longue date, La Fayette, d'Enville, Liancourt et Montmorency qui, bientôt, passera pour son disciple obéissant et même pour sou porte-paroles. 11 fréquente aussi le club de Valois ^, fondé récemment et ouvert aux membres des États depuis le 13 avril. Patronné par le duc d'Orléans, très luxueux, très bien situé dans ce Palais-Royal, dans les galeries et les jardins duquel la population parisienne aimait à se promener, où accouraient les crieurs d'informations, où étaient accumulés les lieux de plaisir, ce club a conquis rapidement une grande noto-
i. Kt. Dumont, Souvenirs sur Mij-abeau, p. 37.
2. Challamel {Clubs contre révolutionnaires^ p. 31-32). D'après la brochure inlilulée Le club de VaioiSy présidé par le duc d'Orléans, le club aurait été ouvert le 11 février 1789, dans un local loué par MM. Frestel et Menneville au n° 177 du passage de Valois. Mais il devait être de date plus ancienne, car, dès le jour deTinauguralion, il comptait 124 membres, parmi lesquels de hauts personnages de toutes les nations. Le nombre de personnes admises s'éleva rapidement. Le 11 avril, les députés aux États furent dispensés de verser aucune cotisation. L'auteur de la brochure, Blandin, semble avoir eu entre les mains des documents authentiques et précis sur lesquels il ne s'explique pas.