‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 136 sur 520 · Ibtd., III · texte numérisé non relu

Ibtd., III

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passions mauvaises ; le soupçon hantait les imaginations. Et c'étaient des excès, des actes de violence, une perspective douloureuse d'insurrections chroniques, d'agitations et de troubles, où menaçaient de sombrer la grandeur et la beauté d'une Révolution pacifique.

La Commune, désarmée, fit du moins tout ce qu'elle put. Dès le 30 septembre, elle signale à l'Assemblée nationale la surexcitation des esprits, et la nécessité d'aviser. Elle insiste sur « le danger imminent dont la capitale est menacée, si les coupables peuvent quelque temps encore se flatter de l'impunité* ». Ses commissaires supplient la Constituante « de, pourvoir le plus promptement possible à la promulgation de la loi provisoire relative à la punition des délits, loi qui doit suppléer à l'ancienne ordonnance criminelle, en attendant qu'il ait été pourvu à la formation d'un code complet sur cette partie essentielle de Tordre judiciaire ^ >». Ils lui demandent de proclamer la liberté du commerce des grains, de garantir la sécurité des convois, en faisant soutenir la maréchaussée et la garde nationale par des détachements de troupes régulières'. La Commune cherche d'autre part à agir sur le pouvoir exécutif ; elle délègue, le 8 octobre, 4 de ses membres auprès du roi « pour obtenir une proclamation qui, en déconcertant les desseins de nos ennemis secrets, pût rétabhr l'union parmi les citoyens* ».

C'est surtout le peuple qu'il faut calmer. L'Assemblée s'y emploie de toutes ses forces. Elle veut rassurer les Parisiens, en leur montrant que leurs élus veillent sur eux et méritent leur confiance ; elle se hâte de procéder à des enquêtes sur les bruits inquiétants dont elle est informée, afin qu'ils ne s'accréditent point; elle travaille, avec une activité étonnante, à ravitailler la capitale. Mais ces actes ne pourront obtenir de suite un résultat efficace. La Commune décide, le 14 octobre 1789, sous l'impulsion deCondorcet et de Lafayette, de recourir à ce que l'on peut appeler la politique des adresses, d'exposer la situation aux électeurs, <le les mettre en garde contre les menées de leurs ennemis.

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