î^tL, m
142 DANS l'asskmblée de la commune
Le manifeste qu'elle adopte * conjure les Parisiens de recouvrer leur sang-froid et de rétablir Tordre.
Comment l'argent, comment le blé afflueraient-ils dans une ville où le crédit fait totalement défaut? et comment le crédit renaîtrait-il alors que les violences, les émeutes inquiètent tous les propriétaires et éloignent tous les étrangers ? « Le calme, en effet, ramènera l'abondance des subsistances; il invitera les négociants à multiplier leurs importations que la crainte avait fait suspendre ; il rendra un libre cours aux travaux interrompus; il rappellera la confiance dans toutes les classes de citoyens ; il ressuscitera le crédit surtout, ce crédit sans le(|uel cette immense capitale ne peut subsister, ce crédit qui vivifie tant d'entreprises; il rappellera dans ces murs et cette multitude de citoyens qui ne les ont quittés qu'à regret, et ces étrangers qu'autrefois les arts et les plaisirs y attiraient en foule... Défiez-vous donc de ces esprits turbulents qui souffient les mécontentements, la discorde et les émeutes. Ils ne veulent que votre ruine. Les émeutes ne guérissent aucun mal ; elles amènent la disette, au lieu de l'éloigner, car le cultivateur ell'rayé renferme ses grains et les marchés sont déserts ^. »
Pourquoi d'ailleurs, et contre qui se soulever ? « Les soulèvements ne conviennent qu'à des pays où les hommes gémissent dans l'esclavage, où le tyran est sourd aux cris de ceux qu'il opprime ^ » Tel n'est pas le cas de la France. « La nation n'estclle pas maintenant souveraine^?» Le roi n'est-il pas au milieu des citoyens? « Le despotisme, abandonné par ses propres soutiens a été écrasé dans son dernier asile: il n'est plus\ » Le peuple français est désormais un peuple libre et il doit « suivre la marche des peuples libres ». « Si vous êtes lésés, si vous avez à vous plaindre d'abus, adressez vos plaintes, vos instructions, au corps législatif, à vos Rcpré>entants et vous serez satisfaits. » Mais « l'autorité du peuple ne peut subsister sans son obéissance.., la liberté ne peut exister sans l'obéissance à la loi, et sans le respect
1. II avait été rédigé par Urissot, et revisé par Condorcet, Lacretelie et Vigée (Lacroix, Actes de la Commune, II, 295, 307-309).