LES ADRESSES
envers ses organes. Les représentants de la nation, étant revêtus du caractère le plus sacré, ont donc les plus grands droits à votre respect. Les outrager serait un crime de lèse-nation, de Icsefratemité. Une ville qui ne respecte pas ses députés est vouée à Topprobre et au glaive de celles qui les respectent *. »
En même temps que les Parisiens, la Commune doit engager les députés et les électeurs des départements au calme et au sang-froid. Les Constituants ont suivi le roi à Paris; mais n<5 craindront-ils pas de délibérer au milieu d'une foule affolée? Ne chercheront- ils pa's à se soustraire à une protection qui revêt tous les caractères d'une mainmise ? S'ils cèdent à leur inquiétude, s'ils manifestent Tintention de transférer en province le lieu de leurs séances, ils provoqueront infailliblement une émeute nouvelle, dont nul ne peut deviner les conséquences. 11 faut donc les rassurer sur les intentions de Paris, dissiper les méfiances et les préventions qu'ils nourrissent à l'égard de la capitale. Condorcet demande * à ses collègues de s'employer à rétablir entre les représentants de la nation et le peuple de la grande ville la bonne intelligence et l'harmonie et il obtient satisfaction. Le iO octobre, la Commune proteste a de la profonde soumission de tous les habitants de la ville de Paris » envers la Constituante, fait « la promesse inviolable de prendre tous les moyens d'assurer la tranquillité et la liberté de ses délibérations et de garantir l'inviolabilité et la personne de chacun de ses membres»', et décide d'envoyer à l'Assemblée nationale, sous la forme d'une adresse, l'expression solennelle de ces sentiments. « Votre présence, écrivit Brissot, (|ui, en l'absence de Condorcet, fut chargé de rédiger cette adresse, alfermira le calme dans cette capitale, y préviendra le retour des insurrections... Ah î n'en accusez pas la foule des bons citoyens de Paris ! Quels Français sont plus qu'eux pénétrés de respect pour cette Assemblée ? Quels Français regrettent plus la violation faite au sanctuaire de la Législature ?... Il n'est aucun de nous... qui ne soit prêt à verser son sang pour assurer votre tranquillité et l'indépendance des délibérations de l'Assemblée nationale.