‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 147 sur 520 · LE DÉPARTEMENT DE PARIS · texte numérisé non relu

LE DÉPARTEMENT DE PARIS

vote fonnel; mais il déclara officieusement que ses membres étaient unanimes à réclamer, pour la capitale, la qualité de cheflieu permanent d'un département normal'.

Les députés de Paris à la Constituante ne se contentèrent pas de cette consultation discrète. ï/après-midi, ils se rendirent, en masse, à THôtel de Ville, où leur arrivée provoqua une vive émotion. Ils avouèrent leurs inquiétudes et leurs hésitations ; ils avaient besoin de connaître Tavis de la Commune, et venaient le demander à ses représentants. Comme ceux-ci n'étaient pas tous exactement informés de la situation politique, Camus, Démeunier, Siéyès se chargèrent de les en instruire. Camus fît une sorte de conférence d'ouverture, où il retraça les difficultés du moment^ Tétat des esprits, les divergences d'opinions ; il annonça que deux avis surtout étaient en présence, celui de Siéyès et celui de Démeunier. Siéyès, homme à principes, voulait qu'on défendit avec une énergie intransigeante les droits imprescriptibles de Paris ; son antagoniste, plus doux et plus accommodant, préconisait de vastes concessions; il s'estimerait heureux s'il pouvait obtenir de l'Assemblée nationale une bande étroite autour des barrières municipales. Après eux, Saint-Fargeau, Guillotin, Clermont-Tonnerre, La Rochefoucauld (qui chercha à concilier les deux solutions extrêmes et fut très applaudi) prirent successivement la parole^. La discussion se poursuivit le lendemain: elle se termina par la victoire de Siéyès. L'Assemblée émit le vœu que Paris fît partie d'un grand département ; elle chargea 4 commissaires, dont Condorcet, de prier le comité de constitution d'ajourner sa décision jusqu'après la consultation des districts'. Le 24, elle avait reçu 33 réponses, dont 23 favorables à son attitude ; elle décida, en conséquence, de rédiger une adresse à l'Assemblée nationale, afin de lui exprimer le vœu formel de la capitale ^ Ce fut à Condorcet que le comité des vingt-quatre confia, le 25, le soin de l'écrire. Moins de vingt-quatre heures après, l'auteur donnait lecture de son œuvre, qui fut très applau-

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