Ibid., 200 et
die, et que M. de Maissemy présenta le 28 décembre à la Constituante*.
« En abolissant les anciennes divisions de la France », en décidant « d'en former une absolument nouvelle », TAssembiée nationale a « voulu détruire tous les préjuges antiques, toutes les anciennes semences de rivalités, toutes les disproportions que le hasard avait établies entre les provinces, en un mot, tout ce qui pouvait tendre à séparer les citoyens... Ainsi la \111e de Paris, en demandant aujourd'hui à faire partie du département où son * territoire se trouve placé, se conforme au vœu de l'Assemblée nationale'^. » Il lui eut été pluft avantageux peut-êtne « de former d'elle seule, réunie à sa banlieue, un département particulier. Paris y eut gagné une dépendance pluk.imlnédidtede TAssemblée nationale et du roi. » Elle a eût été plus indépendante dans son régime intérieur. Le nombre des députés qu'elle peut avoir à l'Assemblée nationale lui eut été assuré ; au lieu que, faisant partie d'un grand département, elle partagera seulement avec le territoire entier la concurrence pour un plus grand nombre de places ^ »
Pourtant, « la ville de Paris ne désire point un département particulier, mais elle demande à faire partie d'un grand département ^ ». Et cela pour plusieurs raisons. Elle poursuit tout d'abord un but d'harmonie et de concorde nationales. « La capitale, confondue avec les divisions voisines, excitera moins de jalousie, n'aura plus l'air d'opposer le vœu, les intérêts d'une ville unique aux vœux, aux intérêts d'une province entière. ^ » Elle songe aussi à elle-même, aux exigences de son immensité. « Une ville qui nourrit tant d'hommes sur un espace si étroit ne peut être assurée, ni de subsistances, ni de denrées nécessaires à sa consommation, sans des magasins de blés, de farines, de bois, de charbon, sans
1. Le 25 décembre, le comité entendit plusieurs projets; il chargea Condorcet d'en faire un résumé, et Condorcet promit d'avoir terminé l'adresse le lendemain pour midi {Procès-verbaux des ii, f* 31 v" et 34 r*). L'adresse fut approuvée le môme jour par la Commune. Cf. Lacroix, Actes de la Commune, III, 283, 302, 304-305. On trouvera à cette dernière référence la bibliographie des éditions de l'adresse.