‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 153 sur 520 · Ibid.f ibid · texte numérisé non relu

Ibid.f ibid

Cahen. il

Condorcet propose encore un autre amendement. Il n*est pas nécessaire sans doute d'avoir rempli aucune fonction élective, pour être élu à FAssemblée nationale et pour faire œuvre utile. Il n'en est pas moins vrai que « le choix des électeurs tombera presque toujours sur ceux qui auront bien mérité de la patrie dans des places inférieures. Or, cela posé, n'est-il pas dangereux de partager les corps municipaux et les corps administratifs en deux classes d'hommes, ceux qui pourront être, et ceux qui ne pourront pas être de FAssemblée nationale... ? On se console plus aisément de n'être pas dans une carrière que de s'y voir borné *. » Interdire à ceux qu'on pourrait appeler les élus du premier degré de s'élever dans l'échelle des assemblées, s'ils n'ont point la fortune c'est les inciter à se laisser corrompre, ou les mettre dans la dépendance du gouvernement. «N'est-il pas contre l'intérêt général qu'un homme pauvre d'un grand talent, ayant donné des preuves d'une capacité supérieure dans les administrations et dans les municipalités soit à jamais exclu des places de l'Assemblée nationale, et n'ait de moyens honnêtes pour lever cette exclusion que d'obtenir du pouvoir exécutif une place lucrative? N'est-il pas dangereux que celte combinaison n'éloigne des assemblées de département les gens qui ont de l'élévation, mais peu de fortune, pour y appeler ceux d'une même fortune qui y chercheraient des facilités pour s'enrichir? Une exclusion qui, par sa nature, tombe plus fortement sur les gens honnêtes que sur les autres n'est-elle pas essentiellement vicieuse^? » Condorcet demande donc que les membres des assemblées de déparlement, ou du conseil municipal dans les villes importantes, soient déclarés, ipso facto, au bout de 2 ans, éligibles à l'Assemblée nationale.

En recommandant ces diverses mesures à la bienveillance de la Constituante, les auteurs de l'adresse n'ont en vue, ils tiennent à le répéter en finissant, que le bien pubhc. La plupart d'entre nous, disent-ils, « seraienl intéressés personnellement au maintien de ces distinctions si l'amour de l'égalité, de la justice..., de la paix, ne l'emportait au fond de nos cœurs sur toute espèce de vue personnelle^».

4 . Procès-verbaux du Comité des 24, séance du 12 décembre, f* 25 r*.

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