IfÀd
166 AU COMITé DES VINGT-OHATRE
Le comité des vingt-quatre approuva le texte que lui lut son président*. Pourtant trois semaines se passèrent avant que radresse ne fût soumise à la sanction de TAssemblée générale*. Sur les causes de ce retard, nous sommes réduits aux conjectures. Le comité de constitution donna vraisemblablement à l'auteur le conseil d'attendre, pour saisir la commune de la question, une occasion propice, qui rendît à la démarche projetée un regain d'actualité. Cette occasion se présenta seulement à la fin de janvier 1790. A ce moment les districts semblent prêts à agir directement ^, ils manifestent l'intention d'envoyer à l'Assemblée nationale une adresse, rédigée par des commissaires spéciaux. La commune légale ne devait-elle pas chercher à empêcher cette démarche anarchique? et quel autre moyen d'y réussir que de prendre l'initiative de la protestation ? De plus la Constituante semblait émue des critiques qui lui parvenaient de tous côtés; si, le 27 janvier, elle n'adoptait point une motion de Robespierre relative au décret du marc d'argent, elle ne lui opposait pas non plus, dédaigneusement, la question préalable.
Beaucoup d'hommes politiques interprétèrent ce vote comme un témoignage d'hésitation, presque de regret ; ils crurent que de nouvelles démarches obtiendraient ou l'annulation, ou du moins l'adoucissement de la mesure détestée, et Condorcet répondit au vœu, avoué ou secret, d'un grand nombre de ses collègues, en sollicitant l'intervention de la Commune. 11 rendit compte des démarches qu'il avait faites auprès du comité de constitution, et donna lecture de l'adresse qu'il avait rédigée*. L'Assemblée applaudit très vivement l'ouvrage, et la discussion s'engagea. Il semble qu'elle ait été fort vive"^, mais elle n'aboutit pas; l'Assemblée ajourna sa décision: la tentative de Condorcet avait échoué.
IV. — Ralentie par tous ces incidents et par les affaires courantes, la discussion du plan de municipalité dura jusqu'au 8 février 1790^ Au cours de cette discussion, le projet du comité
i. îiacroix. Actes de la Commune, III, 591.