Ibid., V, 15 et
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reconnaître que celui qu'elle aura établi^ ». L'objet de cette motion était « de déconcerter les projets des ennemis de la liberté qui pourraient se Qatter de faire changer par les législatures suivantes la nouvelle constitution ». Mais, « la matière mise en délibération, TAssemblée, en rendant justice au zèle patriotique de Fauteur de la motion, a arrêté qu'elle serait ajournée indéfiniment». La politique des adresses que préconisait Condorcet était condamnée.
Ce fut très probablement parce que ses idées politiques ne rencontraient plus la faveur de ses collègues, que Condorcet peu à peu se désintéressa d'eux. La Constituante se méfiait de Paris ; les représentants semblaient borner leur ambition à blesser le maire et à paralyser Faction de la municipalité ; les districts, au lieu de respecter les arrêtés de leurs élus, donnaient Texemple du mépris des autorités constituées. Comment agir utilement dans ces conditions ? Condorcet ne pouvait se rallier au plan de TÂrchevéché ; mais il ne pouvait se dissimuler que TAssemblée générale n'avait plus le droit de parler au nom du peuple ; il parut donc de moins en moins au comité, dont le dernier procèsverbal ne porte point sa signature, et à l'Assemblée, où son nom ne figure plus qu'une fois, le 21 mai 1790. H eut, dans cette espèce de retraite à laquelle il se condamna volontairement, la joie de voir que le comité de constitution reprenait presque intégralement son œuvre, et que la Constituante approuvait son projet. Mais la victoire de ses idées et de ses principes ne lui rendit passa popularité; et, lors des élections du mois d'août 1790, les électeurs oublièrent, ou rejetèrent celui qui avait, durant 6 mois, défendu avec une énergie inlassable les droits, les libertés, les intérêts de Paris et ceux de la démocratie française.