LES DÉCL\RATIONS DE CONDORCET
et toutes les dispositions qui exposeraient dans l'exécution des lois, à des violations de ces droits » ; 3^ «les lois nécessaires pour empêcher les citoyens d'être troublés dans la jouissance de leurs droits, soit par les individus, soit par une force qui doive son origine à la société ^ » Ce plan est assez compliqué et difficile à suivre : Condorcet le délaissa ailleurs. Eu même temps (pi'il publiait son opuscule, il travaillait à un autre ouvrage, d'ime portée infiniment supérieure, un véritable traité, où il se prop<»sait d'étudier « les droits des hommes, la nature et les limites do la puissance publique, la forme sous laquelle cette puissance doit s exercer et les fonctions qu'elle doit remplir -.» Le chapitre I était intitulé : « De la nécessité d'une Déclaration des droits, et de la manière de la former. » Le second était une application de ces principes, un projet de Déclaration, (|ui, d'après les fragments subsistants, eut été fort étendu et fort délaillé. L'ouvrage demeura inachevé: l'auteur, occupé de besognes nouvelles, Tabandonna; mais il ne voulut pas que sa peine fut tout à fait perdue; et il imprima, en le remaniant, en le réduisant, son chapitre IL 11 «e borna à énoncer, dans celte sorte de manuel, très simplement, sans commentaires, ni démonstrations, à propos des difTéronts droits naturels les libertés et les garanties que la loi doit assurer aux citoyens. Ce fut la Déclnrafion des Droits^ qu'il signa de son nom^.
Si Ton compare les deux textes publiés, on s'aperçoit vite (|ue, malgré la dilTérence de leur volume, de leur forme, même de leur valeur (le premier est dét^iillé, mais souvent obscin* et diffus; le second est incomplet, mais plus vigoureux et précis), ils sont identiques au fond. Les revendications qu'ils formulent ont été inscrites déjà dans le cahier de Mantes, dans les ouvrages précédents de Condorcet ; il suffit de les rappeler brièvement. La personne humaine étant sacrée, les citoyens doivent être protégés contre les erreurs judiciaires, contre les souffrances inutiles, contre les attentats des agents de Tautorité. L'activité humaine étant libre tant qu'elle