‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 174 sur 520 · LES COMMUNAUTÉS DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

LES COMMUNAUTÉS DE CAMPAGNE

villes eussent la prépondérance dans la législation ' » ; car, « en général, les villes sont attachées au régime prohibitif, aux lois de police qui sont contraires à la liberté du travail, à celle des achats et des ventes. La plupart des règlements qui s'y exercent blessent les droits des citoyens de la même patrie, mais étrangers à la ville ^. »

« On peut craindre aussi la trop grande prépondérance des villes pour les lois relatives aux finances. Le nombre de leurs habitants, propriétaires de bien-fonds et qui en tirent la plus grande partie de leur subsistance y est dans une très faible proportion relativement au nombre total. Or, ou bien malgré les anciens préjugés, on finira par convenir qu'il n'existe 'qu'un impôt juste, celui qui est levé directement sur les terres, proportionnellement à leur produit net, et alors il n*est pas à désirer que ceux qui n'ont aucun intérêt direct à la quotité et à la législation de l'impôt, exercent la plus grande influence sur les lois qui en règlent la perception;... ou bien les impôts indirects subsisteront, et alors les villes et les campagnes peuvent avoir ou se croire des intérêts opposés'. »

Si l'on veut réformer ces lois abusives, il faut donc rétablir l'égalité entre les campagnes et les villes, grouper les paysans en communaalés de villages^ et isoler les villes. Les villes moyennes de 6 000 à 20000 habitants formeraient « une unité politique à laquelle correspondraient des communautés de campagne au moins de 4 000 habitants* ». Les villes moins peuplées seraient « réunies avec quelques villages, mais de manière i\\\Q le nombre des habitants de ceux-ci équivalut au moins à celui des habitants de la ville * ». Une ville de deuxième grandeur « ne peut avoir aucune proportion avec ces premières communautés de campagne ; il faudrait donc qu'elle seule formât un arrondissement, un district, auquel répondrait un autre district, composé d*un nombre suffisant de petites villes ou communautés de campagne. Enfin les villes du premier ordre sont presque des pro-

i. Ihid.y 435.

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