Sur retendue dex pouvoirs, (Euvres, X
Cahen. 13
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jalousement Tautorité nécessaire à l'accomplissement de sa mission, et surveiller assidûment Tusage qu'il fait de son pouvoir.
La Constituante a méconnu ces principes. En dépit des leçons de l'expérience, elle a permis au roi de pratiquer la corruption en lui abandonnant le gouvernement des finances. « Le soin de diriger les dépenses nationales, d'après les décrets qui en ont ûxé l'étendue et déterminé l'emploi, appartient au pouvoir exécutif. Il suffit, pour remplir ces fonctions, qu'il puisse faire acquitter les dépenses auxquelles il est autorisé, ou plutôt dont la direction est un de ses devoirs ; et, pourvu que l'administration du Trésor national lui •en conserve les moyens, toute autre influence sur cette administration est inutile au succès des affaires et ne peut que devenir dangereuse*. » Si le ministère, en effet, choisit les fonctionnaires chargés de lever l'impôt, il en résulte qu'il a entre les mains un moyen puissant de corruption; les collecteurs, loin de défendre ou de respecter les intérêts des contribuables, seront uniquement préoccupés de déférer aux désirs du chef dont leur avenir dépend. L'administration établira de préférence des impositions compliquées, non seulement pour multiplier le nombre des places, et par suite celui de ses créatures, mais encore pour rendre plus incertain le produit des contributions, et pour profiter de cette incertitude. Le budget d'un État comporte nécessairement de gros aléas. Le rendement des taxes peut varier dans de fortes proportions, et n'être pas également réparti sur tous les mois de l'année ; les dépenses ne sont pas davantage fixes et constantes, et des circonstances imprévues obligent fréquemment les Assemblées législatives à ouvrir des crédits extraordinaires, qui excèdent les disponibilités en caisse. Si le Trésor national est entre les mains des ministres, comment s'assurer qu'il n'y a point eu de virements, « qu'il n'en résulte une influence du ministre sur la distribution de ces fonds, sur la forme des emprunts et sur les autres opérations de finances; ... et le ministre pourra se servir de celle influence pour faire de ces mêmes opérations un moyen de crédil |)ersonnel et de corruption'. » Il faut donc que l'administration des finances soitu abso-