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emprunts à court terme auxquels le retard ou insuffisance des recouvrements obligerait parfois de recourir. Une semblable organisation assurerait au pouvoir exécutif le payement régulier et opportun des sommes dont il a besoin : elle lui interdirait toute malversation. L'administration fiscale présenterait une unité réelle; son chef serait libre dans la mesure nécessaire; mais il ne pourrait trahir la nation sans que sa culpabilité apparut aussitôt ; en un mot, avec un pareil système, la liberté serait assurée *.
La Constituante pourtant s'est refusée à Tadopter. Si elle a chargé des administrateurs élus ,de répartir les impôts, elle a remis les clefs du Trésor aux mains du ministère, et le fait est d'autant plus grave, que le roi dispose déjà d'une énorme liste civile, dont l'emploi demeure secret, et, comme la personne même du monarque, inviolable. Le cabinet pourra, grâce à toutes ces places, à toutes ces ressources, peupler le pays de ses créatures, exciter contre les représentants du peuple certains mouvements d'opinion, et, par la corruption, influer indirectement, mais puissamment, sur les décisions des législatures. La Constituante lui accorde en outre le droit de veto, c'est-à-dire la faculté de s'opposer à l'exécution des décrets dont il n'a pu réussir à empêcher le vote * : le roi peut ajourner à 6 ans toute mesure qui lui déplaît. Il n'y aura aucun équilibre entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif; et le premier, toiit souverain qu'il est, se trouvera à la merci du second.
Encore si le ministère était forme d'amis de la liberté, l'excès de pouvoir, qu'on lui a conféré, n'entraînerait pas de suites trop fâcheuses; et, si le philosophe se devrait à lui-même de protester, au nom des principes, contre des prérogatives si vastes, les bons citoyens du moins pourraient être à moitié rassurés. Mais si le cabinet est composé d'ennemis de la Révolution, quelles craintes ne seraient pas légitimes ? La Constituante avait donc le devoir strict de faire en sorte que le roi ne put confier à des indignes l'autorité dont elle l'a si imprudemment revêtu. La tâche assurément était difficile : les constitutions monarchi(|ues comportent mal une organisation saine du pouvoir exé-