‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 188 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

niorx DES MINISTRES 199

se trompaient, si quelque ambitieux perfide n'avait recherché leurs suffrages que pour trahir leur confiance, un vote d'exclusion écarterait bientôt du pouvoir le ministre incapable ou corrompu ^ II est vrai que Topinion publique varie, et, avec elle, la majorité parlementaire, qu'ainsi les vainqueurs d'un scrutin pourront, au bout de quelques années, n\Hre plus qualifiés pour gouverner la France. Pour éviter le danger qu'on signale, il suffit d'autoriser chaque Assemblée à reviser, lors de son entrée en fonctions ou de sa séparation, la liste des candidats au ministère, d'y «ajouter ou d'en retrancher un certain nombre de noms*.

Pleine de confiance dans les intentions et le patriotisme de Louis XVI, la Constituante a dédaigné toutes ces mesures de précaution. Il est à craindre qu'elle n'ait bientôt h regretter sa générosité : le roi qui, jadis, n'a point soutenu Turgot, subira constamment la loi de son entourage, et le choix des ministres qu'il a, depuis 1789, appelés auprès de lui, n'est pas de nature à calmer les inquiétudes des patriotes.

VI. — La constitution que l'Assemblée nationale élabore pré-* sente donc de graves défauts, et peut-être faudra-t-il, avant qu'il soit longtemps, en réformer plusieurs parties. Si celte réforme peut s'accomplir légalement et sans délai, la France évoluera pacifiquement vers une liberté toujours plus grande ; sinon, il faut s'attendre, à brève échéance, à des crises et des secousses. On voit de quelle importance est, pour l'avenir de la nation, le problème de la revision constitutionnelle. Comment l'Assemblée devait-elle le résoudre ? ^

Le pouvoir de reviser est un attribut de la souveraineté nationale ; mais le peuple ne saurait l'exercer par lui-même, il est obligé de le déléguer à une Assemblée spéciale, une Convention. Le droit de convoquer ces Assemblées ne saurait appartenir à l'exécutif : celui-ci s'efforcerait de maintenir en vigueur, le pbis longtemps possible, les constitutions dont ses prétentions s'accommodent ; il ne céderait que devant la menace d'une insurrection victorieuse, et ainsi l'institution manquerait son but'. Il faut donc, ou que les Conventions se réunissent d'office, pério-

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