‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 191 sur 520 · Réponse à t'adresse aux provinces, Œuvres, IX · texte numérisé non relu

Réponse à t'adresse aux provinces, Œuvres, IX

tibles de réforme ? Mais les articles d'une constitution bien combinée ont entre eux des liaisons nécessaires. Soumettra-t-on tous les articles à Texamcn, parce qu'on a demandé la revision de quelques-uns? On pourrait donc alors changer ceux que la pluralité a jugés ne pas devoir Totre *. » Le seul moyen de résoudre toutes ces difficultés est d'établir dans chaque province « des conventions partielles, chargées d'examiner la constitution ; et de statuer en même temps qu'une convention générale s'assemblera lorsque la pluralité de ces conventions le jugera nécessaire; alors chacune d'elles sera obligée de motiver son avis*. »

Les Conventions fixes et les Conventions extraordinaires ne font aucunement double emploi ; elles n'ont ni le même objet, ni le même caractère, ni les mêmes attributions. Les premières sont nécessaires « pour (|ue jamais la pluralité n'obéisse à des lois qu'elle n'a pas consenties, et en même temps pour que la constitution, et par elles les autres parties de l'établissement social, puissent s'améliorer par le temps et suivre dans leur perfectionnement le progrès des lumières. Les autres ne sont nécessaires que pour donner aux citoyens des moyens paisibles de faire entendre leurs plaintes de manière qu'aucun abus ne puisse échapper à ces réclamations non seulement légitimes mais légales... Les Conventions périodiques ne rempliraient pas ce second objet : il faudrait les attendre pendant un espace de temps qui pourrait lasser la patience des citoyens. » Mais « d'un autre coté ces conventions appelées par le besoin n'assureraient pas assez les progrès de l'art sociaP ... Mille prétextes fournis par les circonstances peuvent empêcher de demander des conventions, en faire perdre l'idée, et bientôt par un effet naturel de cette crainte qu'inspirent les choses extraordinaires, on regardera ces Assemblées comme un de ces rernèdes violents, plus dangereux que les maux qu'ils peuvent guérir. Si des conventions périodiques n'accoutument pas à l'usage de cette institution salutaire, si toute convention annonce de grands abus à réparer, toutes deviendront une crise pour l'empire*. » De cette

i. Réponse à V adresse aux provinces. Œuvres, .531.

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