‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 193 sur 520 · rind., 2(M · texte numérisé non relu

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n'est rejeté, la loi est complète ; si quelques-uns sont proscrits, la Convention nationale obéira au peuple, et lui soumettra de nouvelles lois * . »

La coopération des électeurs à Tœuvre constitutionnel ne permettra pas seulement d'éviter des abus et des erreurs ; elle fera de la constitution l'expression exacte et véritable des volontés nationales, elle rendra par suite inutiles les revisions anormales et précipitées, elle imposera silence aux intrigants. Dans une démocratie libre, le système des Conventions périodiques a pour complément nécessaire l'établissement du référendum.

V^oilà les diverses mesures qu'il convenait de prendre pour assurer l'évolution pacifique de la liberté nationale, et Condorcet s'afflige, au début de 1791, que la Constituante, après deux années d'existence, ne les ait pas encore décrétées. Sans doute l'Assemblée n'a point terminé ses travaux; mais elle eût fait preuve d'un sens politique avisé en n'ajournant pas à ses dernières séances la discussion d'un problème aussi capital. On l'accuse d'aspirer à la dictature, et ce n'est pas seulement l'incertitude du régime futur de la France, c'est aussi la crainte de ne pouvoir assez facilement réformer les vices de ce régime qui troublent les esprits et surexcitent les passions*. 11 importait de dissiper ces angoisses, de montrer l'inanité de ces terreurs, en fixant de suite la procédure de revision.

Aussi, vers la fin de mars, Condorcet décide-t-il de faire une suprême tentative: il abandonne la plume qu'il n'estime plus assez retentissante, pour la parole. Un club fort célèbre, aux séances duquel se pressait une nombreuse assistance, le Cercle sociaP, lui avait décerné, peu auparavant, le titre d'orateur. Condorcet saisit l'occasion qui lui était offerte : le l'*" avril, il monta à la tribune du club, et prononça un discours très ferme, très clair, sur le sujet qui lui tenait si fort à cœur, sur les Conventions nationales. Le succès du conférencier fut très vif, Tefficacilé de l'acte fut absolument nulle. L'Assemblée nationale ne

1. Discours sur tes Conventions nalionalet, Œuvres. X, 203. Cf. texte formel dans Sur la nécessité de faire ratifier la Constitution, Œuvres, IX, 423- 425 cl 428-430.

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