I.KS mrJ.ETS D*ÉTAT
de ces offices « une prompte liquidation et les intérêts du retard », mais non pas oc le payement actuel* ». Les charges qui pèsent sur la France sont donc moins lourde^ qu'on ne le croit d'ordinaire. Elles ne laissent pourtant pas d'être considérables: les ressources ordinaires ne permettent pas d'y suffire.
IV. — La confiscation des biens du clergé ne remédie pas à la détresse du trésor, i^es domaines ecclésiastiques seront dépréciés si l'on ne répartit pas leur aliénation sur un grand nombre d'années ; de plus, les paysans qu'on veut rendre propriétaires n'ont point assez de disponibilité pour acheter de suite une telle masse de terrains. Les biens nationaux sont'donc un gage de valeur énorme, mais seulement un gage. L'argent manque, que faire?
Quatre systèmes sont en présence. Le premier consiste à créer une Banque nationale qui sera autorisée à émettre des billets garantis parl'Ëtat : Condorcetlc combat. Des billets de banque ne méritent ce nom que s'ils ont un cours libre, et s'il existe « une caisse où, à leur présentation, ils soient remboursés en argent ^ ». Toute banque doit posséder un fonds de réserve dont l'importance varie selon rétendue de ses opérations, la confiance qu'elle inspire; plus le crédit de la nation est faible, plus celui de la banque doit être solide: dès lors, « une banque ne doit, ne peut jamais être un établissement national^ ». Il y a plus. Où la banque future trouvera-t-elle les fonds qu'exige le payement de la dette ? Le temps n'est pas propre aux entreprises nouvelles, et si l'on songe à transformer une institution ancienne, oublie-t-on que la Caisse d'escompte, la plus importante de toutes, a prêté déjà la majeure partie de son capital à TËtat, et qu'elle ne dispose plus de ressources liquides* ? C'est la garantie de la nation qui seule soutient son existence. « L'idée d'appuyer le crédit national par celui d'une banque hypothéquée sur ce même crédit » est donc « illusoire". »
Si l'État veut se procurer des espèces, il doit donc emprunter lui-même. Mais, selon certains financiers, il n'n nullement besoin