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beau, interprète de Clavière, elle a créé 2 milliards d'assignats. La Constituante, qui n'a pas su alléger la, dette exigible, ni procurer au Trésor les ressources extraordinaires dont il avait besoin, n'a pas su davantage réformer le régime fiscal de Tancienne monarchie et doter les budgets futurs de revenus normaux, suffisamment abondants et heureusement combinés. « Les opérations de l'Assemblée sur les impôts, écrit Condorcet en 1790, n'ont pas eu jusqu'ici ce caractère de sagesse, d'unité, qui aurait pu les caractériser. La réduction de la gabelle à la moitié a été adoptée de confiance, sans examiner les effets de cette réduction, les moyens justes de remplacement, et la nécessité de rétablir l'équilibre entre les provinces. L'opération qui assujettit les privilégiés à l'impôt, à la décharge des autres contribuables a été faite d'une manière isolée et arbitraire. En combinant cette opération avec celle des gabelles, on pouvait la faire servir utilement à leur remplacement ; on pouvait, en proportionnant la répartition de cette imposition aux vingtièmes actuels des nobles et aux décimes ecclésiastiques, s'assurer pour les deux premières années une distribution suffisamment exacte, une ressource d'une valeur connue*. » La Constituante a manqué de prudence et de méthode dans son œuvre de démolition. Elle a manqué de décision et d'esprit pratique dans son œuvre de régénération financière ; elle a édifié de nouveaux impôts sur la table rase du passé; mais elle les a établis tard, laborieusement, sans les bien choisir. Condorcet demandera plus tard à la Législative de ne point toucher au système fiscal qu'elle trouve en vigueur ; mais ce n'est pas qu'il ait la moindre admiration pour ce système, c'est qu'il juge inopportun, impoli lique, tout changement dont la nécessité n'est pas absolue. Jamais il n'a écrit à l'égard des impôts établis par la Constituante le moindre mot d'éloge ; et comment les aurait-il loués? Si la loi du 23 novembre-!" décembre 1790 qui établit une contribution foncière, calculée d'après le revenu net des terres, était conforme à ses principes, celle du 13 janvier- 18 février qui créait une taxe personnelle et mobilière ne pouvait lui convenir. Elle instituait 3 impôts différents qui se superposaient, une cote mobilière progressive, une cote d'habitation