‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 218 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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manderaient également de s'abstenir de ce projet. Au-dessus de Fargent, il y a la justice ; au-dessus de Futilité générale, Finviolabilité de la propriété individuelle ; et Fexpérience de Fhistoire enseigne que les prêtres excellent à déchaîner le fanatisme et la discorde ; il est dangereux, autant qu'inique, d'en faire des victimes et des persécutés*.

Condorcet déplore amèrement que l'Assemblée n'ait pas jugé comme lui. Le clergé s'est cru spolié ; et, comme les nobles, il est devenu l'ennemi acharné de la liberté. Il fallait donc, à tout prix, éviter de lui fournir des armes, empêcher l'explosion de luttes religieuses : la Constituante a eu le tort de voter la Constitution civile. Cet acte fameux répugne à Condorcet pour deux raisons : il est contraire au principe de la liberté de conscience, il ne brise pas la puissance de 1 Ëglise. L'Ëtat ne saurait sans abus intervenir dans le conflit des difl*érentes croyances; déjà Condorcet n'a pas compris l'article de la Déclaration des droits relatif à la liberté des cultes. « La liberté des opinions religieuses doit s'étendre jusqu'à celle du culte, qu'on ne peut gêner sans blesser les droits de la conscience; et l'Assemblée, en mettant pour restriction à la liberté des opinions religieuses le respect pour Vordre public établi par la. loi, semble laisser au législateur le pouvoir de lier l'ordre public à telle opinion religieuse qu'il lui plaira d'adopter. Or aucune autorité ne peut exercer légitimement le pouvoir, ne peut accorder à aucun culte aucun avantage sur un autre, ne peut consacrer aux dépenses d'aucun culte, ni une partie de l'impôt, ni une partie du domaine public. Tout culte, étant fondé sur une croyance involontaire, doit être libre comme la pensée, et la loi doit se borner à punir toutes les actions criminelles sans distinction, celles qui seraient inspirées par le fanatisme, comme celles qui le seraient par l'avarice ou la vengeance^. »

Le décret de la Constituante portant « que la religion romaine est la seule dont les ministres et le culte doivent être payés par la nation^ », est en contradiction évidente avec ces principes. « De quel droit, demande Condorcet, assujettissez-vous les

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