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PROGRÈS DE l/ ANARCHIE 243
faction démagogique provoquait les troubles ou les aggravait par ses déclamations, la faction aristocratique s'employait à effrayer les citoyens paisibles par la perspective de désordres sans fin, et Tanarchie persistante leur donnait en effet des recrues. La situation extérieure était tout aussi grave : les puissances étrangères montraient des dispositions hostiles; la guerre étrangère était à craindre tout autant que la guerre civile, et comment résister, alors que la désertion avait décimé Farmée, que les impôts ne rentraient pas, que les acquéreurs nationaux des biens n'effectuaient pas les versements exigibles * ? Avec son génie politique*, Mirabeau comprit, vers la fin de sa vie, qu'il fallait tenter un suprême effort, réunir en un faisceau solide tous les amis de Tordre et de la liberté ; il tenta de réconcilier Lafayetle et les Jacobins, et pour prouver au premier la sincérité de sa démarche, il sollicita et obtint du roi que le nom de Condorcet figurât sur la liste des commissaires de la Trésorerie*. Mais Mirabeau conviait les bons citoyens à se serrer autour du trône ; Condorcet, républicain, ne pouvait adhérer à une politique dont Teffet certain était de fortifier la monarchie. De plus Mirabeau mourut (le 2 avril), et sa tentative ne lui survécut pas.
Le parti patriote allait-il donc demeurer divise et impuissant ? Condorcet, en avril et en mai, semble inactif, soit que ses fonctions nouvelles Tabsorbent complètement, soit qu'il se sente hors d'état de rien entreprendre. Son adhésion au Cercle social*, son discours sur les Conventions nationales ne constituent vraiment pas des actes politiques. Mais au mois de juin, il change d'attitude. La constitution est élaborée : TAssemblée va en aborder la