Institut, Mss. N. S., 20, dossier Bm, n
2. Charavay, Calai, d'une importante collection (1862), p. i56, n* 831 (3).
nOF.ÈRE DES JACOBINS 247
démarches. Siéyès se montra plus tenace, il, sollicita d'autres approbations, et il semble bien qu'il n'ait pas été fort scrupuleux dans l'établissement de sa liste d'adhésions ^
La publication de l'adresse jeta une vive émotion parmi les Jacobins. Dès le 19, Préfein demande à provoquer un débat sur cette affaire ; Laclos propose d'ajourner la discussion au lendemain; mais Salle s'élève contre toute motion dilatoire. Il déclare qu'il vient dénoncer, et non discuter, qu*il s'agit de couper court sans retard à une intrigue coupable. Très applaudi par la majorité, il obtient gain de cause et reprend la parole pour analyser — d'ailleurs inexactement — et pour censurer l'œuvre incriminée. Danton, renchérissant sur Salle, proclama qu'il ne fallait plus avoir d' « égards pour de prétendus grands hommes », et que Siéyès avait eu le triple tort de publier son manifeste sans l'agrément de la société, de l'avoir répandu de façon insidieuse et enfin de n'être pas venu s'expliquer*. Après les rectifications et les protestations de Buzot, de Petion, Siéyès ne pouvait plus gagner sa cause aux Jacobins. Il vint; mais ce fut, semble-t-il, pour faire amende honorable et s'excuser'.
De Condorcet, dans tout le débat, il avait à peine été question. Fut-il considéré par les contemporains comme un comparse ? Danton et ses amis voulurent-ils uniquement accabler Siéyès et dédaignèrent-ils son collaborateur? On ne sait. En tous cas, Condorcet ne parut pas aux Jacobins pour se disculper. Il estimait probablement qu*il n'avait rien à retrancher au texte qu'il avait rédigé ; il jugeait inutile de prolonger le bruit et les débats au
1. Au cours du débat qui eut lieu devant les Jacobins se produisirent une série de rectifications. Buzot raconta les manœuvres par lesquelles Siéyès chercha à obtenir sa signature : il refusa de la dohner parée qu'il n*avail pas une entière confiance dans Siéyès: Petion, Voidel, Billecocq, Boissy d'Anglas firent des déclarations analogues. Seul Botidoux confirma qu'il avait signé volontairement et persistait dans son adhésion. Aulard, Jaco^tmr, 11,525-530.