‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 234 sur 520 · Conway · texte numérisé non relu

Conway

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ses amis et à la cause républicaine, il jouissait d'une assez grande notoriété ; mais il ne semble, dans les diverses circonstances où il joua un rôle, n'avoir été qu'un prête-nom^

Bien avant la Révolution, Brissot avait recherché l'amitié et la protection de Condorcet; mais il avait rencontré chez celui-ci une méfiance et des préventions dont, malgré d'activés démarches, il n'avait pu venir à bout^ En 1789, la méfiance et les préventions avaient disparu ; mais il n'y avait pas encore de sympathie réelle ni de relations étroites entre les deux hommes^. Ce fut dans l'Assemblée des Représentants, où tous deux siégeaient que Condorcet connut vraiment et apprécia Brissot. Tous deux avaient certaines idées, certaines antipathies communes ; ils n'aimaient pas Bailly et redoutaient l'influence de la cour. Le hasard des élections les conduisit à collaborer dans plusieurs occasions ; et si de ces réunions fréquentes, de cette coopération prolongée ne dériva point une véritable intimité, affirmée par des relations privées, il en résulta du moins de part et d'autre un sentiment profond d'estime et de confiance*. Le 28 mars 1790, Condorcet apprend que Brissot a été cité à comparaître devant le district des filles Saint-Thomas, pour répondre du double crime d'avoir combattu la traite et la Caisse d'escompte. Aussitôt il prend la défense de son collègue inculpé et il écrit à l'avocat Viellard, qu'il connaissait bien, une lettre indignée. « Je ne connais M. Brissot de Warville, y trouvons-nous, que relativement aux choses publi- (|ues. On a cherché plus d'une fois à m'inspirer de la défiance contre lui ; on m'a obligé à l'observer avec plus d'attention. Je ne suis pas de son avis sur tous les sujets ; mais j'ai toujours vu en lui un bon citoyen, un véritable ami de la liberté, un ennemi

1. Cf. l'ouvrage, assez peu critique, de David de Saint-Georges, Honari d'IJrfé : d'après Théod. de Lamelh {Notes sur Vouvrage de Dumont^ Bib, iVfl/., F. français, Novv. acquisitions, t. 1388, f* 130 r°), il aurait été, au retour de la Martinique, où il avait servi d'aide de camp à Bouille, Tami de Siéyès, puis des la llochefoucauld, grâce auxquels il aurait connu Condorcet. C'était, à ce qu'il semble, un esprit généreux et exalté, qui manquait de sang-froid. Il rédigea, presque aussitôt après la fuite du roi, un placard où il invitait le peuple à proclamer la llépublique : Condorcet fut accusé d'avoir collaboré à ce factum. C'est possible, mais non prouvé.

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