Ibid., 249, art. X
âèÔ LA TENTATIVE RÉpnBLïCAiNÉ
affaires, Tart de connaître les hommes ; près de se dissoudre, elles n'obéiront plus ni à Tintérét ni à Tintrigue ; selon toutes les probabilités, elles choisiront bien. Le nombre des éligibles est assez grand pour que les électeurs ne puissent parler de pression, ni de contrainte. La réfection périodique de la liste des candidats garantit au peuple le pouvoir d'appeler toujours au gouvernement un homme de son choix. La masse des électeurs, et la procédure électorale excluent toute pensée de corruption ou de brigue: le conseil exécutif sera le reflet fidèle de l'opinion publique.
Si la Constituante n'adhère point à ce projet, il lui est facile, ou de le modifier, ou d'en adopter un autre. Plusieurs auteurs lui ont déjà soumis, ou ont publié d'autres systèmes, intéressants et pratiques. Si aucun n'est parfait, plusieurs d'entre eux sont satisfaisants, immédiatement applicables, très supérieurs aux constitutions monarchiques, quelles qu'elles soient.
La Constituante se trouve donc en face d'une situation très nette et très simple : la République est possible ; elle est nécessaire. La trahison du roi a condamné la monarchie. Que l'on restaure le trône, et l'hérédité amène au gouvernement, soit « un roi qu'il faut mépriser ou punir », soit « un enfant qui ne peut gouverner, et des régents par qui personne ne veut l'être. Ce prétendu remède contre l'anarchie ne serait qu'un moyen de la perpétuer. Entouré de la défiance et de l'opprobre, le trône ne peut plus qu'avilir les pouvoirs qui paraîtraient émaner de lui et les énerver en appelant contre eux la défiance du peuple. Cet amour pour les rois si longtemps reproché à la nation française..., cette vieille erreur s'est évanouie comme un songe, dont le souvenir même s'efl*ace au moment du réveil*. » Il faut, pour le salut public, instituer sans retard la République.
Nombre de Constituants se demandent, il est vrai, s'ils ont le droit, après avoir juré de maintenir une constitution monarchique, de renverser la monarchie. Ces scrupules n'ont pas de raison d'être. Toute obligation est réciproque : le roi a violé son serment, celui de la nation devient caduc; Louis XVI n'adhère plus à la constitution, l'Assemblée n'est plus tenue de la respecter; Louis XVI s'est enfui, la France ne lui doit plus de fidélité. Si cependant la