‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 259 sur 520 · Patriote français, 29 décembre 1791, p · texte numérisé non relu

Patriote français, 29 décembre 1791, p

A. Chronique de Paris, 26 novembre 1791, p. 1327, reproduit dans le

Patriote /'ranrai.s, 6 décembre, p. (ibo.

APPELS A l/llMON 28!

sion du statut politi(|uo, seront astreints d'abord à lui jurer fidtV lité. Ainsi le serinent que les républicains ont prêté ne signifie point qu'ils renoncent à leurs espérances, et considèrent le régime de la France comme intangible ; il signifie seulement qu'ils attendent le succès de leurs idées d'une évolution légale, et qu'avant le terme fixé, ils ne solliciteront point une revision interdite. Ils ont pu jurer fidélité à la constitution sans se démentir ni se diminuer. On peut avoir confiance en eux : ils sont des citoyens paisibles, des amis de Tordre et de la légalité ; moins que personne, ils désirent recourir à la violence, puisqu'ils sont le droit, non la force et que le temps, la raison combattent pour eux*.

Que les amis de la liberté s'abstiennent donc de vaines querelles ; qu'au lieu de se suspecter les uns les autres, ils se réunissent pour assurer le triomphe pacifique de la Révolution et pour mener à bien l'œuvre délicate et vaste qui les sollicite. La Constituante a laissé en suspens bien des questions qu'il importe de régler sans retard. La situation de la France est critique. Des ennemis implacables cherchent à exciter contre elle les puissances étrangères et à fomenter sur son territoire des luttes inexpiables: les émigrés et les prêtres réfractaires. La sécurité publique est nulle, les esprits sont troublés: s'il faut pardonner aux innocents trompés, il faut punir avec rigueur les crimes des séditieux. Les finances se trouvent en un état inquiétant : la multiplication des assignats a compromis le crédit national, et les erreurs de la Constituante n'ont point permis de retirer de la vente des biens ecclésiastiques tout le bénéfice espéré. L'administration du Trésor prête à de graves critiques; l'autorité du pouvoir exécutif s'y exerce trop souverainement ; le contrôle y est insuffisant ; les agents départementaux sont trop peu nombreux, et leurs attributions mal fixées. Rétablir l'ordre et la confiance par l'achèvement du Code criminel, l'établissement de tribunaux et par le châtiment des émigrés et des conspirateurs, restaurer les finances, voilà la lâche que la situation impose au législateur 2. Elle est assez vaste pour contenir et absorber toutes les bonnes volontés ; elle est assez haute et noble pour ne pas risquer de diviser les patriotes : c'est

1. Chronique fie Paris, 2 décembre 1791, p. 1351 et 11 décembre, p. 1427.

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