Cf. Glagau, Die franzôsische Legislaliv^ p. 78 et sq
tés populaires. Les départements du Calvados^ et des Basses- Pyrénées' applaudissent à « l'intention du Roi de déclarer la guerre ». Celui de la Creuse écrit, le 31 décembre, à Louis XVI : « La guerre est un fléau ; mais jamais elle ne fut plus impérieusement commandée par les circonstances. Votre Majesté n'en peut redouter les suites, tous les Français se soulèvent d'indignation. » Les clubs professent les mêmes sentiments : a La guerre sera la résurrection de la nation »,pense-t-on à Bazas^, et 1800 citoyens de Bordeaux^ jugent aussi que a la guerre est indispensable, rintérét de la nation la demande impérieusement ». A Nantes % les amis de la Constitution sont du même avis. « Nous voulons la guerre, disent-ils à la Législative, nous vous la demandons avec insistance. » A Aix *, la société délibère à l'unanimité de faire une adresse à l'Assemblée nationale pour lui demander de déclarer la guerre. A Marseille', le cri général est « la guerre. Plus de composition avec les despotes. » Dijon, quelques jours plus tard", reprend à son compte les expressions de la grande cité méridionale : « La liberté ou la mort, tel est notre cri... La guerre, tel est notre vœu, notre espoir... Il faut qu'il (le Roi) cède au vœu d'une grande nation ou qu'il cesse d'en être le chef. » A Noyon ', à Lille *^, les clubs réclament la guerre immédiate. Les Jacobins de Paris^ votent enfin de même, le 17 janvier, une adresse en faveur de la guerre**.
Condorcet est entraîné, lui aussi, par ce grand mouvement d'opinion. C'était pourtant, nous l'avons vu, un disciple de l'abbé de Saint-Pierre, un fervent ami de la paix. Il eut voulu que la fraternité régnât entre les peuples comme entre les citoyens d'une nation'*. La Révolution n'avait point changé ses idées.
1. 16 décembre 1791. Tous les renseignements qui suivent sonl lires des Arch. Nat.F^* U H.