‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 274 sur 520 · Ibid.. ibid · texte numérisé non relu

Ibid.. ibid

DISCOURS DU 25 JANVIEU 301

eussent dii lui concilier Tamitié de toutes les puissances. Il n'en a rien été. Ses ennemis espèrent profiter de ses querelles intérieures pour accroître leur autorité : ils s'abusent. La France ne les craint point ; la pensée de la guerre prochaine éteint toutes les discordes, réunit tous les esprits dans un transport commun d'enthousiasme; les bons citoyens se lèveront tous contre l'étranger. La France « est libre, elle est armée, elle ne peut être asservie* ». C'est avec la conscience de sa force qu'elle met ses adversaires en demeure de lui donner satisfaction, qu'elle formule à l'avance les règles de la « nouvelle politique ' » qu'elle adopte. C'est déjà le fameux cri : guerre aux rois, paix aux chaumières : c'est une invitation adressée à tous les peuples de séparer leur cause d'avec celle de leurs souverains ^

Quelque intéressant que soit ce manifeste, le discours du 25 janvier 1792 l'est infiniment davantage : c'est l'exposé minutieux et exact de la politique étrangère de Condorcet. Ce n'est point une œuvre de circonstance ; en 1793 encore, l'auteur, nous le verrons, en reprendra les principaux arguments et la conclusion.

Condorcet établit tout d'abord que la France n'a donné à aucun état étranger le droit d'intervenir dans ses affaires intérieures. La constitution qui la régit a été votée régulièrement, acceptée par la nation sans réserves ; pourtant les « monarques la méconnaissent encore ; ils ne voient dans la France qu'un roi et point de nation ^. » Au premier rang de ses adversaires, la nation voit avec stupeur et colère les princes dont elle était en droit d'espérer l'assistance, le roi d'Espagne, le signataire du Pacte de famille, et l'empereur qui « oublie le traité de 4756 au bout de

i. Ibid., 259.

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