Discours sur t Office de l'Empereur, Œuvres, X
LE IIEMREMKNT
36 ans, précisément à J'instant où, pour la première fois, c'est à lui que ce traité impose des obligations * ». La France est donc à la veille d'une guerre : contre qui aura-t-elle à lutter? à qui pourrat-elle s'allier.
Les courtisans, ligués contre la Révolution, espèrent que leurs menées réussiront à former contre la France, une coalition de tous les souverains européens : leur espoir est chimérique. Il est des nations qui ont adopté une constitution représentative : <f croyez-vous, demande Condorcet, que ces nations consentissent à voir leurs ministres s'unir sérieusement à une confédération <|ui voudrait changer par la force la constitution de la France*?» Pas plus que les peuples, les monarques ne se résoudront tous à prendre les armes. Us « veulent empocher que les idées françaises ne pénètrent dans leurs états; mais serait-ce un moyen de l'empocher que de forcer ceux qui les habitent à s'occuper des affaires de la France?... Croient-ils pouvoir montrer sans danger à leurs armées ces soldats de la liberté, conservant sous la discipline militaire la dignité de l'homme et la fierté du citoyen, soumis à des chefs, mais ne voyant en eux que des hommes, leurs égaux aux yeux de la loi, <iui est la même pour tous, aux \eu\ de la patrie qui offre à tous les mêmes récompenses? Croient-ils que leurs peuples ne feront aucune comparaison entre ces guerriers patriotes qui regarderont comme des frères les habitants des terres ennemies, et ces nobles qui traitent en ennemis les frères que la nature leur avail donnés^?» Non, ils savent trop (|ue la paix éloigne, que la guerre précipite les changements. a lis savent que si, en s'unissant contre la liberté de la France, ils disaient aux nations : Nous voulons vous empocher d'être jamais libres, les nations leur répondraient : c'est aujourd'hui que nous voulons l'otre. Les rois peuvent montrer sans doute contre les principes de la Révolution française une humeur passagère; mais ils ne voudront pas en faire les bases d'un système politique, <|u'ils ne pourraient suivre sans se perdre *. » .
La France n'a donc point à redouter de trouver en face d'elle