‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 280 sur 520 · C.\HEN · texte numérisé non relu

C.\HEN

pressant qu'il se sentait soutenu par Topinion publique. Malgré l'opposition de Robespierre, les idées belliqueuses prenaient chaque jour plus d'extension et de force, les adresses des Sociétés populaires en témoignent suffisamment ^ A TAssemblée, les amis de Lafayette s'étaient, pour un moment, rapprochés de ceux de Brissot, et réclamaient, avec ceux-ci, une politique plus énergique^. La majorité montra qu'elle était d'accord avec Condorcet, en le portant successivement à la vice-présidence^, après le discours du 18 décembre, à la présidence, après celui du 25 janvier*; deux mois après, elle lui donnait un nouveau témoignage de confiance, elle l'admettait avec les autres suppléants à siéger au comité diplomatique. Jusqu'au milieu de décembre, Condorcet, malgré sa célébrité, n'avait joué en somme qu'un rôle médiocre ; son influence était faible. Son intervention dans le débat sur les émigrants lui avait même beaucoup nui dans l'esprit de ses collègues ; les députés patriotes lui avaient reproché de manquer d'énergie, les Feuillants de manquer de libéralisme, tous de manquer d'éloquence. Ce fut le débat sur les afl'aires extérieures qui le tira de sa situation efl'acée et le mit en vedette. Dès la fin de janvier, il est, de l'aveu de ses contemporains, un des leaders de l'Assemblée.

II. — La politique étrangère de Condorcet a naturellement réagi sur sa politique intérieure ; le philosophe a été conduit par les événements à modifier sur certains points son attitude et ses opinions ; pourtant, dans l'ensemble, c'est bien encore son sys- • tème de 1791 qu'il soutient au début de 1792.

La question capitale du moment demeure pour lui le désordre des finances. « La situation de nos finances, déclare- t-il, est le seul danger réel que nous ayons à combattre. Si les ennemis du

1. Toujours d'après les Arch. Nat.y F*<^ ï, 11. Vœux des sociétés populaires de : Monldidier (4 février : a Nous frémissons des maux qu'elle entraîne à sa suite, mais la guerre seule peut faire cesser notre désolante situation, il faut la faire»), Béthune, Ilonileur, Caen, Is-sur-Tille, Lons-le- Saulnier (15 février : « La Société pense que la guerre est nécessaire ; qu*il est temps de sortir par un coup décisif de l'état de langueur et d'incerti. tude où nous sommes»), Saint-Flour, Lavaur, Ktain, Celte, Bagnères, Montréjeau, Tarascon, liuningue, KulTec, Tarbes, Bergerac, etc.

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