‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 281 sur 520 · LA QUESTION FINANCIÈRE · texte numérisé non relu

LA QUESTION FINANCIÈRE

dehors nous menacent, c'est qu'ils comptent sur ce désordre qu'ils exagèrent ; il est le seul fondement des espérances coupables que les conspirateurs conservent encore * . » L'approche de la guerre rend ce danger plus menaçant encore. L'entretien d'une armée coûte cher, et nécessite des achats à l'étranger que permet difficilement un change élevé. 11 faut donc agir avec vigueur, et prendre toutes les mesures qu'exige la situation. Condorcet a €xposé à l'Assemblée celles qui lui semblent les plus efficaces et les plus urgentes dans son discours du 12 mars 1792; il a traité aussi la même question dans un article de la Chronique du mois.

Le problème à résoudre est double aux yeux de Condorcet: l'Assemblée doit viser à ,relever le cours des assignats et à se procurer des métaux précieux. Par suite des erreurs que la Constituante a commises, la masse du papier-monnaie a atteint le chiffre de 1 600 millions, très supérieur aux besoins de la circulation-. Cet excès de billets a produit le resserrement de l'argent, la hausse des denrées, et les assignats ont étéMiscrédités. 11 faut tout d'abord rendre une valeur à ceux que les nécessités publiques obligeront d'émettre, les consolider. Le seul moyen d'y réussir est de revenir au système que Condorcet a toujours préconisé, de transformer les assignats en billets hypothécaires, garantis par un gage déterminé ^. Après avoir ainsi modifié le caractère des assignats, il faut en changer le type. La caisse de l'extraordinaire n'a guère livré à la circulation que de fortes coupures ; c'est là une erreur très grave, ce La distribution de la masse des assignats en billets de différentes valeurs ne répond pas aux besoins du commerce, de lïndustrie, de la dépense journalière des citoyens; et l'on a vu des papiers émanés de la même source .s'échanger les uns contre les autres, avec une différence qui a monté jusqu'à huit pour cent*. » De là de fortes pertes pour les détenteurs de gros assignats ; de là un développement déplorable de l'agiotage. 11 appartient à la Législative d' a établir pour

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