‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 287 sur 520 · Disroifrs sur les finances, (Kuvres, X,I · texte numérisé non relu

Disroifrs sur les finances, (Kuvres, X,I

2. Pour faciliter la conclusion de cet emprunt (dont le taux serait àpeu près de 5 1/2 pour 100), Condorcet propose que les prêteurs forment une compagnie reconnue par l'Klat, qui surveillera les ventes et sera autorisée à otTrir des surenchères. Si les biens nationaux sont vendus audessus du prix de leur estimation, la Compagnie percevra un droit proportionnel à la « crue ». 11 est tout à fait singulier de voir Condorcet, ennemi juré des Compagnies tinanoières, proposer la création d'une Compagnie dotée de prérogatives aussi étendues. Ibid.^ XII, 91 et sq.

3. Condorcet avait été chargé par Turgot d'étudier la question de la vente des forêts domaniales. Si Ton en croit Rabusson-Lamotbe (p. 128), il avait rintention de prendre la parole en mars 1792, pour demander Taliénation de ces forêts. La majorité de la Législative répugnait fort & cette mesure.

l'emprunt 313

subsister, toujours contraires au bonheur des peuples, et à la tranquillité publique... » et « cet ordre de choses... serait dangereux pour une nation encore agitée et entourée d'ennemis ^ » Ce nouvel emprunt est le dernier que, de longtemps, la France puisse tenter; elle a épuisé toutes les ressources extraordinaires que la Révolution avait mises à sa disposition ; il est donc urgent qu'elle s'assure les ressources normales nécessaires. Jusqu'alors les impôts n'ont pas été payés : il faut presser leur rentrée, terminer la confection des rôles. « L'accélération du payement de l'impôt peut seule assurer la réussite de quelque opération que ce soit ; et le véritable moyen d'y parvenir est de bien convaincre les citoyens que, du prompt payement des contributions, dépend le salut public, que la conservation des avantages qu'ils ont obtenus par la Révolution est attachée à l'exactitude avec laquelle ils rempliront ce devoir, que, s'ils le négligent, les abus détruits depuis deux années ou renaîtront, ou seront remplacés par d'autres plus difficiles à déraciner*. » Voilà les vérités qu'il importe de répéter, de faire comprendre au peuple, et sur lesquelles Condorcet ne se lasse pas d'insister. Il leur consacre une partie importante de la proclamation qu'il soumet le 16 février à l'Assemblée nationale : c'est h Tégoïsme autant qu'au patriotisme des citoyens qu'il s'adresse. « Nous ne ferons pas aux citoyens, écrit-il, l'outrage de leur rappeler que le payement des contributions, consenties par les représentants de la nation est un véritable devoir... Nous ne leur ferons point observer que la gone dans la circulation, la baisse du change, le défaut du numéraire, le renchérissement des denrées, sont pour chacun d'eux une charge plus onéreuse, et qu'en payant la contribution réclamée par la patrie, ils seront encore soulagés. Mais nous leur dirons. Ne croyez pas aux insinuations perfides... des ennemis de la Révolution, (jui vous persuadent que la masse des nouveaux impôts est plus pesante que celle des anciens. Des calculs rigoureux ont prouvé qu'elle ét^it moindre de près d'un tiers ^.. » Et si les taxes nouvelles paraissent élevées, si l'on trouve que la Révolution coûte cher, a-t-on déjà oublié les abus qu'elle a

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