‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 288 sur 520 · Adresse. Œuvres, X · texte numérisé non relu

Adresse. Œuvres, X

détruits, et les libertés qu'elle a données? Que les administra* teurs redoublent de zèle. « Votre vigilance, votre activité pour le recouvrement de Timpôt ne sont pas en ce moment une simple obligation de votre place, une fonction que la loi vous confie ; ccst un devoir impérieusement imposé par le salut public, par 1 amour de la liberté. Chaque heure que vous consacrerez à ce travail, chaque ligne que vous inscrirez sur ce registre est un pas que vous ferez faire à la Révolution; chaque obstacle que vous lèverez est une victoire remportée sur les ennemis de la patrie. Que ces fonctions minutieuses et pénibles prennent à vos yeux un plus grand caractère, qu'elles s'ennoblissent par Tidée que les circonstances y ont attaché le sort de la liberté française et, peut-être, de celle du genre humain * ! »

Un mois plus tard, dans son Discours sur les finances^ il revient encore sur la même idée. 11 demande à la Législative d'envoyer dans les départements des commissaires pris parmi les Constituants. Mais c'est surtout au dévouement des sociétés populaires qu'il fait appel ; il appartient à celles-ci d'exciter et de diriger l'esprit public; qu'elles « continuent de faire à leurs membres un devoir d'acquitter régulièrement les impôts, qu'elles donnent cet exemple à toutes les réunions d'hommes volontaires ou légales ^ », et jamais elles n'auront rendu un service plus éclatant à la cause de la liberté.

En exposant ce programme financier, Condorcet se trouvait absolument d'accord avec Clavière^ et d'autres députés, comme Jacob Dupont*: le comité de l'ordinaire des finances en acceptait plusieurs dispositions importantes. Mais la majorité de l'Assemblée, très inexpérimentée, était pleine de confiance dans les ressources du pays, et croyait le trésor des biens nationaux inépuisable. Elle répugnait à abandonner le système si commode des assignats, et plus encore à édicter, à la veille d'une guerre, des réformes aussi graves et aussi complexes. Elle décréta d'abord l'impression du discours de Condorcet, puis ajourna la discussion du plan qu'il avait préparé. Des caisses d'accumulation, du paye-

i. Adresse, Œuvres, X, 326.

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