Ibid., 19 février, p
*». Salamon, Correspondance y 386. Kt. Dumonl, op. cil., 37 i.
CO\DORCEt ET LE ROÎ 321
que « dans un comité secret composé de farouches républicains et dont MM. de Condorcet et Brissot sont Tàme, il se projette une guerre atroce contre les amis du roi çt de la monarchie* ». De même, Mallet du Pan- affirme, en avril 1792, que Condorcet, Brissot et Siéy es ont résolu de détrôner le roi. A tous ces arguments, on pourrait, à première vue, en joindre un autre. Dans les œuvres de Condorcet figure avec la mention de 1791, un document qui est intitulé : « Opinion sur la nécessité d'une convocation extraordinaire des assemblées primaires en 1792'. » Or, pourquoi convoquer les électeurs, sinon pour leur demander d'élire une Convention, c'est-à-dire pour reviser la constitution en vigueur et supprimer la monarchie ?
Condorcet se défend pourtant, à]maintes reprises, de nourrir des projets de cette nature ; s'il exprime très nettement Tindignation et le mépris que provoque en lui la conduite de Louis XVI, il proteste solennellement de sa fidélité à la constitution de 1791. 11 est, il reste républicain; mais il n'attend la République que d'une Convention souveraine, réunie légalement. A la fin de décembre 1791, au moment même où il réclamait la guerre et blâmait la mollesse du cabinet, il écrivait à Pio : « Le vœu général des Français est de maintenir la Constitution telle qu'elle est; il est possible de réunir à ce vœu ceux qui voulaient une liberté plus grande, les autres ne se réuniront 'point à eux*. » Dans V Adresse aux Français , dans la licvision des travaux de la première législature, aussi bien que dans les discours relatifs aux finances, il insiste sur la résolution d'observer fidèlement et au besoin de défendre le texte qu'il a juré. Le 16 février, il termine son Adresse par ces mots : « Mais, en même temps, nous ne vous verrons pas, égarés parl'espoir incertain d'une liberté plus grande, vous diviser et vous perdre. Vous resterez attachés à votre Constitution, parce que vous voulez rester libres; et, réunis autour d'elle, vous triompherez ^.. » Il déclare ailleurs que les lois constitutionnelles sont a irrévocables pour un temps ^ », que les