Tourneux, Diderot et Catherine Ilj
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viennent de recevoir ; les progrès de l'industrie même exigent que la science pure ait des fervents : de là, la nécessité d'établissements supérieurs, soit séparés, soit réunis en un tout. Personne ne soutient plus en 1789 que, là où il existe une Faculté, il doive exister un corps complet de Facultés. Beaucoup de théoriciens réservent même à la capitale la possession d'une Universiié (au sens littéral du mot), où l'élite du royaume viendrait terminer et parfaire ses études. « N'est-il pas en effet à désirer, écrit le président Rolland, que tous les enfants participent aux trésors de science qui s'y accumulent de jour en jour, que des jeunes gens qui ont la même patrie et qui sont destinés à servir le même prince et à remplir les mêmes emplois, reçoivent les mêmes leçons et soient imbus des mêmes maximes, qu'une partie de la France ne soit pas sous les nuages de l'ignorance, tandis que les Lettres répandent dans l'autre la lumière la plus pure, en un mot qu'il vienne un jour où on ne puisse plus distinguer un jeune homme élevé en province de celui qui a été formé dans la capitale *. »
Pour maintenir la cohésion entre ces divers étages de l'instruction publique, mettre constamment les programmes en harmonie avec les progrès de l'esprit humain, et les nécessités du moment, pour établir ce que le président Rolland appelle la correspondance, il faut évidemment un organe central servant de régulateur, un Hurean. Sur la nature et la constitution de ce rouage, les philosophes ne s'accordent pas pleinement, mais ils sont unanimes à en proclamer la nécessité : si l'instruclion publique est un service d'État, il faut qu'elle soit dirigée par une autorité souveraine, et rendue identique sur tous les points du territoire.
m. — Ce bureau, qui joue en somme le rôle de notre ministère, sera chargé de choisir les maîtres. La (piestion du personnel enseignant a préoccupé beaucoup les esprits au wiir siècle. Les réformateurs sont en grande majorité hostiles aux congrégations. Leurs convictions philosophiques ou gallicanes ne leur permettent pas de confier la jeunesse française aux mains des serviteurs les plus dévoués de l'Église et de la papauté ; ils observent que les vœux d'obédience et de chasteté rendent ceux qui