Ibid
332 LES IDÉES DU XYip* SIÈCLE
la sixième à tous les collèges et ne conserve les cours supérieurs que dans un collège par province *. L'abbé de Saint- Pierre pense qu'il doit exister dans tous les collèges 8 ou 9 classes communes, où les enfants recevront les idées générales nécessaires à rexercîee de toutes les professions; mais il propose que, dans quelques établissements appelés par lui complets. Ton donne aux jeunes gens une instruction supplémentaire relative aux 5 carrières libérales ^. Le président Rolland distingue les demi-collèges ou pédagogies des collèges de plein exercice, qui d'après lui, doivent être Tapanage de quelques grandes villes ^ L'idée est intéressante, Condorcet la reprendra.
Le programme de ces divers instituts varie avec les auteurs. Au début du siècle, ceux-ci, dominés surtout par des préoccupations morales, imbus des traditions classiques et de l'esprit chrétien, aspirent à former des hommes vertueux, plus que des citoyens éclairés. Ils demandent à l'école de fournir à l'enfant des exemples et des leçons, qui développent en lui la ferveur religieuse et le sentiment du devoir. C'est ainsi que Tabbé Fleury regarde l'étude de la morale chrétienne et la culture physique comme le but essentiel de l'école*. Peu à peu l'instruction religieuse perd sa primauté ; de nouvelles préoccupations se font jour. Malgré leurs divergences, apparentes ou réelles, les traités qui apparaissent au milieu ou à la fin du siècle, accusent tous une double tendance très nette : d'une part ils sacrifient les langues anciennes aux sciences ; d'autre part, ils accordent une place de plus en plus grande aux études nationales et civiques, à la langue française, à l'histoire, à la législation.
Il apparaît, dès le début du siècle, que le crédit de l'antiquité est fort ébranlé. Le refus que fait Hollin, en 1725'^, de composer son Traité des Etudes en latin atteste le revirement de l'opinion publique. Avec le temps, la décadence des langues anciennes s'accentue. L'abbé de Saint-Pierre estime que la plupart des jeunes gens n'ont besoin que de savoir les traduire ; et il ajoute :