‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 302 sur 520 · Ferlé, Rollin · texte numérisé non relu

Ferlé, Rollin

l>IléP0NDÉRANCE DES SCiENCÉS â3â

« Un jour viendra même que nous aurons moins besoin de savoir les langues mortes que le Malabarais ou TArabe*. » Il croit que « la connaissance des langues n'est guère utile qu'autant que ces langues peuvent servir au commerce *... Aussi nous importe-t-il plus de savoir ou un peu d'Anglais, ou un peu d'Hollandais, ou un peu d'Espagnol, tant pour la négociation des affaires étrangères que pour le commerce des marchandises, que nous n'avons besoin du latin ^. » Guyton de Morveau conserve une estime profonde pour la valeur éducative des langues anciennes* ; mais le président Rolland, qui, sur tant de points, se rallie à 1 opinion du procureur général bourguignon, n'hésite pas, sur ce point spécial à la rejeter et à la combattre. «11 est seulement utile pour quelques-uns, professe-t-il, de connaître les langues anciennes ou étrangères^. » D'Alembert, Helvétius, Holbach, même Diderot, qui pourtant admirait tant les chefs-d'œuvre de Rome ou de la Grèce, se montrent encore plus sévères et plus radicaux. Non seulement, d'après eux, l'étude du latin ne con\icnt qu'à un nombre fort restreint d'enfants ; mais elle est toujours dangereuse. Les langues anciennes constituent un aliment difficilement assimilable pour l'esprit des élèves ; la ressemblance des mots fait souvent oublier la différence des civilisations, des mœurs et des institutions, et le respect presque servilequi s'attache, aux choses de l'antiquité engage trop souvent les maîtres à admirer, à vanter des traits et des actes, des ruses et des subtilités que la morale réprouve et que la justice contemporaine parfois châtierait ^

Ce sont les sciences qui, peu à peu, usurpent dans les systèmes des réformateurs, la place que les langues anciennes continuent d'occuper dans les écoles. «Les lettres, dit LaChalotais, ne constituent qu'une partie de l'institution d'une nation. » Et encore: «Les sciences sont nécessaires à l'homme'.» De toutes les sciences, celle dont l'action éducative paraît la plus grande, dont

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