‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 309 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

ces études désintéressées ' et abstraites qui constituent la science : il importe d'organiser à leur usage un enseignement purement scientifique.

Cette classification tripartite à laquelle nous aboutissons est trop sommaire pour qu'on puisse s'y arrêter: il convient d'y introduire une série de divisions secondaires. Tout d'abord l'instruction doit s'étendre à tous les âges de la vie, comme à toutes les classes de la société. L'homme fait, tout comme l'enfant, a besoin d'apprendre pour connaître ce qu'il ignore et retenir ce qu'il sait. Ainsi, dans cha(|ue cycle d'études, au moins dans les deux premiers, il importe de distinguer deux séries parallèles, un enseignement à l'usage des adultes, un autre à celui des enfants -. Les écoliers n'ont ni la capacité intellectuelle, ni la possibilité matérielle d'acquérir tous la même instruction. Condorcet partage chaque cycle en une série de degrés qui comportent des études de plus en plus élevées et comprennent un public de moins en moins nombreux, de plus en plus choisi ^. L'instruction générale comptera naturellement plus de degrés que l'instruction spéciale, professionnelle ou scientifique*. Celles-ci sont relativement secondaires, cellelà est capitale : elle empêche la constitution d'une aristocratie de fonctionnaires, facilite la formation de cette élite, sans laquelle aucune démocratie ne saurait vivre*'. Elle doit donc être plus développée (|u'aucune autre, occuper une place d'honneur dans le plan d'instruction publique.

A ces divisions générales, quelques-uns proposent d'en ajouter une autre fondamentale. A côté des écoles de garçons, n'y a-t-il pas lieu de prévoir tout un système d'écoles de filles? Condorcet ne le pense pas. Féministe, il reconnaît aux femmes, tout comme aux hommes, le droit à l'instruction * ; et peut-être est-ce parmi elles qu'il importe le plus de propager les lumières. Laissons de coté les très grands services (|ue, contrairement à de stupides préjugés, elles pourraient rendre au progrès des sciences', con-

Page 1