Ibid
nale « comme un fait* », et non comme un dogme, comme une œuvre humaine nécessairement imparfaite, dont il Tenhardira à discerner les défauts, et non comme un évangile, qui se proposerait, intangible, à Tadmiration du monde jusqu'à la consommalion des siècles*. Le professeur n'est, à Fégard de son élève, \, qu'un guide, et qu'un tuteur; TÉtat, vis-à-vis du maître, n'est qu'un surveillant : son rôle se réduit à fixer l'objet de-rinstniciion et à s'assurer qu'il est rempli '.
Telles sont les conditions que doit remplir l'enseignement public. S'il y satisfait, il est vraiment libéral et utilitaire, au sens le plus élevé des deux mots ; il ne blesse aucun droit et les garantit tous ; il n'est spécialement établi pour personne, mais il convient à tous ; il forme à la fois des hommes et des citoyens. II. — Après avoir établi dans son premier Mémoire les idées directrices et les grandes lignes de son système, Condorcet consacre les suivants au détail de l'organisation pratique. L'instruction générale dont il s'occupe tout d'abord se partage en 3 degrés. Le premier doit « mettre la généralité des habitants d'un pays en état de connaître leurs droits et leurs devoirs, afin de pouvoir exercer les uns et remplir les autres sans être obligés de recourir à une raison étrangère. Il faut de plus que ce premier degré suffise pour les rendre capables des fonctions publiques auxquelles il est utile que tous les cttoyens puissent être appelés et qui doivent être exercées dans les dernières divisions territoriales *. >» Il suit de là qu'il faut établir dans toutes les agglomérations notables, une école publique : le nombre des professeurs sera calculé à raison de 1 par 200 élèves \ Ce chiffre, à première vue, ne laisse pas de surprendre, et plusieurs écrivains ont véhémentement reproché cette parcimonie à Condorcet^. Celui-ci ne mérite pas d'être jugé si durement. Son œuvre a été écrite dans des conditions particulières et pour un objet très spécial, c'est un