‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 314 sur 520 · Vial, Condorcet · texte numérisé non relu

Vial, Condorcet

l'enseignement primaire 345

projet politique, un ouvrage de circonstance, et non point un traité spéculatif et doctrinal. Gondorcet comprend parfaitement les difficultés qui s'opposent à la réforme de l'instruction publique ; il cherche à réduire au minimum ces difficultés, à édifier un plan dont Tordonnance satisfasse et dont Tétendue n'effraye pas l'Assemblée. Les enfants arrivent à l'école vers 9 ans; Gondorcet pense qu'on ne saurait trop ménager des cerveaux aussi jeunes, (lue le pauvre a, de bonne heure, besoin de liberté pour apprendre un métier et subvenir aux besoins des siens ; il juge qu'une leçon \ par jour, le matin ou le soir, suffira pour donner aux élèves l'in- = stniction souhaitée. Le premier degré d'enseignement comportant 4 années, le maître aura au même moment à s'occuper de 2 classes distinctes ; mais sa présence n'est pas toujours nécessaire, la disposition de la maison d'école lui permettra de se rendre constamment de Tune à lautre. Pour que l'organisation soit possible, il suffit d'adjoindre à l'instituteur un répétiteur, et c'est ce que pro- . pose Gondorcet*. Sans doute le système prête à la critique, et Gondorcet le sait parfaitement : l'embarras avec lequel il s'exprime en est la preuve ; mais il espère bien que ce régime transitoire ne durera pas, que l'accroissement des ressources permettra d'augmenter à bref délai le nombre des maîtres. Au lieu de critiquer son manque de clairvoyance pédagogique, il convient de rendre hommage à sa clairvoyance politique.

Gêné par les difficultés pratiques, lorsqu'il s'agit pour lui d'arrêter le nombre des établissements et celui des maîtres, Gondorcet retrouve sa pleine liberté, lorsqu'il en vient à fixer le programme des études. L'enfant ignore tout, en arrivant à l'école. Sans doute il est apte à réfléchir par lui-même; mais il n'est pas capable d'attention, sa complexion est encore délicate et demande à être ménagée. Le premier degré a donc seulement pour but d'inculquer à l'enfant un certain nombre de connaissances absolument fondamentales et nécessaires. Au premier rang de celles-ci figure l'art d'écrire et de lire '. Non seulement l'homme ne peut '

1. La préoccupation financière esl si impérieuse que Gondorcet insiste sur les moyens de recruter à peu de frais des répétiteurs; il déclare qu'on pourra trouver des élèves des classes supérieures qu'on n*aura pas besoin de paver cher.

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