‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 315 sur 520 · Ibirl · texte numérisé non relu

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gouverner ui-mèmc sa vie, ni pousser plus avant son instruction s'il ne possède cet art ; mais la lecture est aux mains d'un bon maître, le meilleur moyen qui soit d'exciter la curiosité de Tenfant et d'éveiller chez lui les sentiments moraux élémentaires; que, dans les manuels classiques, après des pages de mots isolés et de phrases sans lien, viennent de courtes histoires, soigneusement choisies ou composées : l'enfant s'habituera à éprouver de la pitié pour tous les êtres vivants, animaux ou hommes, et de l'afFection pour tous ceux qui lui font ou qui lui veulent du bien '. Le professeur enseignera en outre à ses élèves les premiers éléments des sciences naturelles et mathématiquels ; il leur décrira les objets les plus répandus dans la nature et les plus simples, en s'appliquant non pas à n'omettre aucun détail, mais à dégager et à mettre en lumière quelques traits caractéristiques ; il leur exposera les principes, les règles principales de la numération décimale, et les habituera, par de petites questions graduées, à résoudre vite des opérations rudimentaires '^.

Le programme des deux années suivantes comprend à peu près les mêmes matières que celui de la première. L'enfant est plus <^gé ; l'enseignement sera plus élevé, voilà tout. Par exemple, le manuel de deuxième année devra tendre à transformer en vertus actives les sentiments passifs que celui de première année avait éveillés, à substituer la bienfaisance à la pitié, et à une reconnaissance inerte une gratitude effective ^. L'élève de la troisième division est capable de concevoir des idées morales. On ne peut prouver une vérité aux autres, il faut se la prouver à soimême. Le livre de lectures devra donc conduire les écoliers moins « à comprendre les préceptes de la morale » qu' « à les inventer eux-mêmes S>. Il contiendra de petits problèmes de conduite et de conscience, dont le maître commentera les données, et suggérera, mais ne dictera pas la solution. De même dans l'enseignement scientifique, la théorie occupera une place de plus en plus large, i^a théorie, en effet, est la seule défense de l'esprit contre Faction engourdissante de la paresse et de l'habitude : elle est une gardn-

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