MORALE ET RELIGION
tie de liberté et d'énergie, et c'est pourquoi on ne saurait trop insister sur ces principes essentiels qui sont à la base de toutes les sciences, ni les inculquer trop profondément à ces adolescents, qui seront un jour, pour la plupart, laboureurs ou artisans *.
La classe de quatrième année présente nécessairement un caractère spécial. Les élèves qu'elle admet ont acquis à Técole, avec une certaine culture, de la maturité et de la réflexion. Plus virils d'âge et d'intelligence à la fois, ils sont aptes à penser, à juger par eux-mêmes, et l'enseignement qu'elle leur dispensera peut être plus philosophique. De plus elle est, pour la plupart des enfants, le terme et le couronnement des études ; c'est elle qui livre le peuple à la nation ; il faut donc qu'elle munisse les écoliers de toutes les notions dont ils auront besoin, pour exercer leur état de citoyen ou le métier qu'ils choisiront. Au programme figurera d'abord l'instruction morale et civique. « Il est temps de leur présenter directement » les principes moraux qu'on les a jusque-là aidés à découvrir, de leur mettre sous les yeux un u petit code » qui leur apprendra les devoirs de l'homme (du moins ceux qu'ils sont de taille à comprendre), envers eux-mêmes, leurs semblables et l'État*. Cet enseignement moral doit être dégagé de tout élément confessionnel. Si le maître s'appuie, dans ses leçons de morale, sur im dogme défini, une religion donnée, il manque à la neutralité qui est son premier devoir, il blesse la conscience de ceux qui professent d'autres doctrines ^. Libre aux parents, s'ils le jugent à propos, d'inféoder leurs enfants à leur propre croyance. « En exerçant ce pouvoir, peut-être manquent-ils • aux règles d'une morale sévère, peut-être leur bonne foi dans leur croyance n'excuse-t-elle pas la témérité de la donner à un autre avant qu'il soit en état de la juger*. » Si cependant ils s'arrogent despotiquement le droit de convertir leurs enfants à leurs opinions, la société n'a pas oelui de les en empêcher^; mais elle a le devoir absolu de ne pas les imiter.
Sans doute le maître peut parler de l'idée de Dieu sans l'enchâsser dans aucun système religieux, se placer simplement au