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la masse populaire une élite plus savante et plus éclairée. D'autre part, il a encore pour mission de permettre à ceux qui sont doués d aptitudes spéciales de les révéler, et de les satisfaire au moins en partie. Les mêmes cours ne sauraient produire à la fois ce double effet : il suit de là que renseignement secondaire doit comprendre deux séries de classes parallèles, et indépendantes. Les uns dispenseront aux enfants cette instruction commune, utile dans tous les états et dans toutes les situations, et leur fréquentation sera obligatoire. Les autres seront consacrées à Tétude des sciences et seront facultatives*.
Du but que chacun de ces deux enseignements poursuit dérive nécessairement son programme. L enseignement commun présente deux caractères essentiels. D'une part il est à tendance utilitaire, ou plus justement pratique ; il est orienté vers la vie. De l'autre il ne comporte aucune préparation directe, précise et exclusive : il n est pas spécial. « L'instruction, quelle qu'elle soit, écrit Condorcet, ne mettra jamais un homme à portée de remplir au moment même l'emploi qu'on voudrait lui confier ; mais elle doit lui donner d'avance les connaissances générales, sans lesquelles on est incapable de toutes les places '. » L'enseignement commun continue donc exactement l'école primaire. L'enfant y repasse, y précise les notions qu'il avait antérieurement acquises et qui sont essentielles ; il suit des cours élémentaires de physique, de ma- . thématiques, d'histoire naturelle, d'économie politique, de législation ; il approfondit les problèmes de la morale. Il aborde en même temps d'autres études, apprend la grammaire, la métaphysique, la logique, le style, Thistoire et la géographie ^. Une double constatation s'impose. La première, c'est que l'élève, au sortir de l'établissement secondaire, possède, comme le voulait Condorcet, une culture peut-être superficielle, mais presque encyclopédique, qu'aucune branche du savoir humain ne lui demeure totalement étrangère. La seconde, c'est que tout ce programme d'instruction trahit l'influence dominante de préoccupations philosophiques. A l'école, le maître était chargé de former le cœur de ses Jeunes auditeurs : maintenant c'est surtout leur intelligence qu'il s'effor-